HAKONARMAL

| December 19, 2010 | 0 Comments

Le Chant de Hakon
(Traduction  Renauld-Krantz)

Gauta-Tyr envoya
Gondul et Skogul
Entre les rois choisir,
Qui de la race d’Yngvi
Devrait avec Odin partir
Pour la Valhalle.

De Bjorn elles trouvèrent
Le frère, broigne vêtue,
Le magnifique roi,
Droit sous le gonfanon;
Vergue de guerre s’incline,
Et javelots s’agitent,
Alors commence le combat.

Celui qui seul tua
Les jarls, convoqua
Halogalandais et Rugiens
Puis marcha au combat;
Nombre de Norvégiens
Suivaient le magnifique,
La terreur des Danois,
Droit sous le heaume d’airain.

Il surgit de l’habit de guerre
Et jeta sa broigne par terre,
Le guide des guerriers,
Avant d’entrer dans la mêlée;
Il plaisante avec ses soldats,
Il lui faut défendre son sol,
Le roi farouche et gai,
Droit sou le heaume d’or.

Dans la main du monarque
L’épée mordait les cottes
Ainsi qu’une eau
Qu’elle eût fendue;
Flèches ronflaient,
Rondaches se rompaient
Glaives tintaient
Sur les crânes des Gots

Les dures lames
Du dieu des bagues
Et des Normands tranchaient
Têtes et targes;
Il y eut tumulte dans l’île,
Les rois rougirent
Dans le sang des guerriers
Les brillants bourgs de boucliers.

Les feux à  blessures brûlaient
Au fond des plaies sanglantes,
Les longues barbes
Sondaient les corps;
La mer des blessures bruissait
Sur le cap des épées,
Le flot des flèches
Pleuvaient sur la plage de Stord.

Les souffles de Skogul
Se mêlent sous le ciel
Rouge des targes
Et roulent leurs nuages,
Le lac des lances dans l’orage d’Odin gémit,
Maint homme plie
Devant le torrent de l’épée.

Les illustres étaient
Assis, l’épée tirée,
Écus troués,
Broignes brisées;
Cette armée n’était pas
En bon état,
Mais sur les voies
De la Valhalle.

Gondul dit appuyée
Au fût de son algier:
« Maintenant croît l’escorte
Des dieux, quand les Lieurs
Ont invité Hakon
A sa grande ost. »

Le guide ouït les dires
Au dos des destriers
Des valkyries illustres
Qui, pleines de sagesse
Et sous le casque assises,
Se couvraient de l’écu.

« pourquoi donc, Skogul-à-la-Lance,
Décider ainsi du combat?
Nous avons mérité des dieux la victoire.
– Nous avons fait en sorte que tu tiennes
Le terrain et que fuient
Tes ennemis.

Nous devons chevaucher,
Dit Skogul la puissante,
Vers les vertes demeures des dieux,
Dire à Odin
Que maintenant le souverain
Vient pour le voir. »

« Hermod et Bragi
Dit Hroptatyr,
Allez au-devant du fier,
Car voici venir
Un roi qui semble un preux
Vers notre halle. »

Le prince déclara
Qu’il venait du tumulte,
Tout aspergé de sang:
« De fort méchante humeur
Odin nous paraît être
Et nous craignons son cœur. »

« Tu jouiras de la paix
De tous les Einheriar,
Bois la bière des Ases;
Adversaire des jarls.
Tu possèdes ici
Huit frères », dit Bragi

« Nous voulons conserver,
Dit alors le bon roi,
Nous-même nos harnois;
Casque et cuirasse
Se doivent bien garder,
Il est bon de les tenir prêts. »

Alors se put connaître
Combien Hakon avait
Soigné les sanctuaires
Quand Forces et Puissances
Ensemble souhaitèrent
Au roi la bienvenue.

Il a vu la lumière
En un bon jour, le fier
Qui reçut un tel cœur;
Son temps toujours
Sera cité
Pour ses bienfaits.

Le loup Fenrir
Foulera déchaîné
Les demeures des Hommes,
Avant qu’un si bon roi
Remplisse
La place désertée.

Le bétail meurt,
Les parents meurent,
Le pays se dépeuple;
Depuis qu’il est parti
Avec les dieux païens,
Maint dans le peuple est à plaindre.

Eyvindr Finnsson Skáldaspillir

Category: POESIE ET LITTERATURE

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