Le Loup-Garou (Der Wehrwolf)

| June 6, 2011 | 0 Comments

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Par David Bell AOR

Publié dans l’ORB N° 215 – Eté 2260

Il y a environ une année j’ai commencé à faire des recherches sur le web pour trouver plus d’informations sur la rune Wolfsangle, car les seules que j’avais provenaient du livre de Nigel Pennick « The Complete Illustrated Guide To Runes ». J’ai découvert que c’est un symbole interdit en Allemagne, en dépit qu’il figure dans l’héraldique et sur de nombreux blasons. J’ai aussi découvert qu’il existe une version horizontale de la rune appelée « Der Wehrwolf ». Celle-ci est encore plus interdite et les gens font de leur mieux pour chasser toute apparition de celle-ci dans les espaces publics.

Je suis également tombé sur un livre publié en 1910 sous le titre de “Der Wehrewolf (Le Loup-Garou)” sur la couverture duquel on retrouve une “rune du loup”. Par curiosité, j’ai recherché le livre sur google et j’ai trouvé qu’il y avait une édition anglaise récente (2006) et je l’ai donc acheté.

Le livre est intitulé. « Le Loup-Garou » (Der Wehrwolf) – Pendant la guerre de Trente Ans, les Paysans de la Lande de Luebourg chassent les soldats errants, assassins, violeurs et pillards. Le livre est de Hermann Löns. Il a été publié en français aux Editions Art et Histoire d’Europe.

La guerre de trente ans (1618 -1648) a été une période durant laquelle les partisans d’un dieu miséricordieux se déchiraient à travers l’Europe centrale. L’Allemagne fût le champ de bataille principal et plus du tiers de la population (au moins dix millions de personnes) périt. Les puissances étrangères se sont également jointes afin d’étendre leur influence politique et religieuse, souvent à l’aide d’armées de mercenaires. Ces armées étaient souvent mal payées et elles vivaient alors en pillant les populations locales. Elles étaient rejointes par les armées des dépossédés et des démunis et suivies par la famine et la maladie.

Le titre ne semble pas très prometteur, et il s’agit d’un roman, pas d’une histoire vraie. Elle prend le point de vue des Paysans de la Landes (païens?) de Basse-Saxe. Il raconte comment ils sont arrivés du nord (Scandinavie) et comment ils ont colonisés la terre et comment ils ont dû, à l’occasion, faire face à des incursions de folks étrangers. Comment certains saxons se sont battus au côté d’Arminius et de ses Chérusques pour expulser les Romains lors de la bataille de la forêt de Teutobourg et préserver l’indépendance de la Germanie au nord du Rhin. Que leurs prochains ennemis furent les Francs.

Il raconte la révolte contre Charlemagne et le procès sanglant de Verden, où 4.500 Saxons ont été massacrés pour avoir refusé le baptême. Il y eut d’autres soulèvements, tous impitoyablement réprimés et ce que j’aime c’est que l’auteur arrive à résumer toute une époque dans une seule phrase comme celle-ci: “A la longue, néanmoins, cela ne leur servit à rien. Par force ou par ruse, les seigneurs étrangers leur ôtèrent un droit après l’autre, et finalement ils devinrent tous des manants payeurs d’impôts”. Ceci aurait pu être écrit à propos de notre propre Folk avant les “enclosures” en Angleterre. Notre Folk qui venait principalement du Nord de l’Allemagne et de Frise durant la période de migration.

Le reste du livre est centré sur la réaction des habitants de la Lande et du personnage central, Harm Wulf, face à l’enfer qui a été lâché sur eux au nom d’un dieu d’amour. Après avoir assisté au meurtre des membres de leur famille et de leurs voisins, ils ont été contraints soit à se soumettre au meurtre, à la torture et au viol, soit à se regrouper et à «vivre comme des loups » afin de résister. C’est ce qu’ils font en recourant à la guerre irrégulière. A mon avis, les mots clés ici sont « s’unir », « résistance » et « guerre irrégulière ». Féroces pour protéger leur communauté isolée, ils payent un lourd tribut pour leur survie, car malgré leur nature d’habitude pacifique, ils devenaient de plus en plus brutaux.

J’étais très excité en lisant ce livre car il semble célébrer toutes les valeurs que je qualifierais de Folkish. Bien sûr, cela se passe 800 ans après la conversion forcée des Saxons au christianisme et le récit contient donc des éléments chrétiens, les prêtres, par exemple. S’il avait été écrit autrement, il aurait été inauthentique et je ne pense pas qu’on puisse rejeter les mille cents dernières années de la littérature juste parce qu’elle décrit ce qui était vrai à l’époque.

Les anciennes voies sont rappelées dans le folklore et les chansons, dans l’attitude de certains personnages, et en lisant entre les lignes, je crois qu’il est possible de voir où se situent les sympathies de l’auteur.

La rune du loup est abondamment abordée dans le texte mais n’est illustrée nulle part. Il semble que le politiquement correct soit rétrospectif.

L’auteur, Hemann Löns (1886-1914), était un journaliste, un chasseur, un naturaliste et un « écologiste ». Il est devenu connu en tant que « poète de la Lande ». Ses œuvres ont célébré le peuple et les paysages des landes de l’Allemagne du Nord et en particulier de la lande du Luneberg. En 1914, à l’âge de 48 ans, il s’est porté volontaire pour servir dans l’armée allemande. Il a été tué sur le front trois semaines après s’être enrôlé.

Je pense que ce livre a un message pour nous aujourd’hui car en tant que Folk nous sommes sous des assauts provenant de plusieurs directions et à la fin nous pourrons uniquement compter sur notre communauté, nos amis, nos familles et notre foi,

Hael à la Foi, au Folk et à la Famille !

La lecture de ce livre m’a motivé à faire quelques recherches supplémentaires. Je voudrais donc ajouter quelques compléments.

J’ai appris que la conversion forcée des Saxons au Christianisme n’avait pas seulement changé juste leur religion mais également entièrement leur organisation sociale. Avant leur conversion les Saxons étaient organisés en trois castes rigides et sans esclaves. Les Edhilingui – les guerriers d’élite, les Frillingi – les hommes libres non-nobles et les Lazzi – travailleurs inféodés. Ils occupaient des districts administratifs appelés Gaue qui sont similaires au Shire anglais. Les Gaue avaient leurs propres chefs de guerre. Un conseil annuel se tenait à Marklo et chaque Gaue envoyait douze membres de chaque caste pour y assister. Là, leurs lois étaient confirmées, les cas en suspend réglés et les décisions étaient prises en commun au sujet des guerres (ce conseil est comparable au Moot des anciens Anglais).

Charlemagne abolit les Gaue ainsi que le Conseil de Marklo et il institua une forme de système féodal totalement étranger aux Saxonx. En faisant cela, il éleva les Edhilingui et poussa les deux autres castes hors du pouvoir politique. Les richesses et le pouvoir étaient à présent concentrées dans les mains des nobles (cela semble familier n’est-ce pas ?).

Lors de la dernière révolte saxonne (841-845), les deux castes inférieures, avec le ressentiment de la perte de leur pouvoir et à cause de la dîme appliquée, formèrent le Stellinga (compagnons, camarades) et prirent les armes pour regagner leur foi païenne et leurs anciens droits. Ils furent supprimés.

J’ai également appris que des armes à feu à canon rayé étaient disponibles en Allemagne bien plus tôt que ce que je l’avais imaginé. En Allemagne durant la guerre de trente ans, il y avait des carabines à platine à rouet qui étaient utilisées par les agriculteurs et les chasseurs. Celles-ci tiraient en général une balle plus petite que celle utilisée pour les fusils à canon lisse utilisés par les militaires durant la guerre de trente ans et les siècles suivants.

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Category: POESIE ET LITTERATURE

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