Une Compréhension du Rôle de Loki dans la Mythologie Odinique
Par Heimgest DCG
Publié dans l’ORB N° 222 – Eté 2262
La mythologie n’est pas littérale mais est l’expression symbolique d’une vérité primordiale et elle est compréhensible à de nombreux niveaux.
Ceci n’est pas un travail universitaire car j’ai choisi il y a de ça plusieurs années la voie de l’expérience directe plutôt que les études universitaires. Je ne prétends donc pas être un universitaire ou un chercheur et je ne présente pas, par conséquent, un travail scolaire ou universitaire ici.
Je précise ceci avant de débuter, de sorte que le lecteur ne voie pas cet article ainsi et ne le lise donc pas sous un angle qui ne serait pas adapté à une telle approche. Je ne le présente pas non plus comme une hypothèse ou une théorie dont je tiens à vous convaincre de débattre. De le voir de cette façon vous ferez passer à côté de son intention et de l’expérience que vous pourrez en tirer à sa lecture. Et bien que son contenu et son sujet traite d’un aspect de la mythologie odiniste et qu’il est donc intégralement lié à la religion odiniste, je n’insiste pas sur le fait qu’il s’agit d’une présentation religieuse car ceci peut en grande partie dépendre de ce que vous considérez être la religion. Je prends la religion au sens de «ce qui lie », je crois que cela vient du latin. Donc pour moi, elle englobe toutes les choses comme la culture, l’évolution spirituelle, le patrimoine, les philosophies, la compréhension de la place de l’individu dans la création et ainsi de suite. Je n’ai donc pas une vision négative du terme même s’il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui, de nombreuses personnes ont tendance à «déconnecter» lorsqu’ils entendent mentionner le terme «religion». Ils peuvent volontiers écouter et parler des différentes philosophies, cultures, traditions folkloriques etc (qui, de mon point de vue font tous partie de la religion), mais ils ont une réaction négative envers le terme religion.
La raison d’une grande partie de ceci est, je crois, due au fait que pour beaucoup de gens la religion est relié à des croyances issues du Moyen-Orient, et à la façon dont ces croyances ont été et sont encore présentées. Pas vraiment en tant que chemins inspirés vers une conscience plus élevée, mais plutôt comme des listes de “péchés”, d’être contraints d’accepter des idées qui sont évidemment imparfaites etc. Je pense donc que beaucoup de réactions contre le terme religion sont vraiment des réactions intellectuelles et émotionnelles contre les trois doctrines du Moyen-Orient qui partagent le même dieu despotique.
Cette tendance existe aussi chez beaucoup de ceux qui prétendent suivre un mouvement «païen». Eux aussi peuvent se donner du mal à expliquer que l’Asatru n’est pas une religion mais une tradition ou un mode de vie qui implique une croyance envers les dieux ou les déesses. J’utilise ici le terme Asatru parce que ce sont souvent ceux qui s’auto-identifient en tant qu’Asatru qui auront cette réflexion alors que les Odinistes n’ont généralement pas de problème à décrire leurs croyances comme étant leur religion. Et c’est peut-être parce qu’au sein de l’Odinic Rite, la religion est ce qui unit les divers aspects de nos vies en tant qu’individus, en tant que partie de notre communauté, dans le cadre de notre folk, en connexion avec nos ancêtres et avec notre héritage en tant que lien vivant d’une chaîne qui remonte à une époque avant que l’histoire ne soit écrite. Elle nous relie à notre Mère la Terre, aux différents mondes, bref à tout. L’Odinisme, du moins tel que l’Odinic Rite le pratique, est l’expression moderne de l’antique sagesse de nos ancêtres indo-européens du nord telle qu’elle est exprimée dans les textes védiques et d’autres textes anciens. C’est pourquoi nous avons naturellement pris ce que l’on peut appeler une position pan indo-européenne nordique lorsqu’il s’agit des questions concernant le folk.
En tant que religion, l’Odinisme a un panthéon de Dieux et de Déesses et bien sûr une mythologie. Or, le fait que certains puissent rejeter la notion de Dieux, peut souvent être attribué à une réaction contre la manière dont le dieu des religions du Moyen-Orient est présenté dans ses «mythes» et par ses disciples. Il est juste et naturel, en particulier à la lumière de la présentation commune de «dieu» dans le monde occidental, de demander aux Odinistes:
Comment les Odinistes voient-ils les Dieux et les Déesses?
Sont-ils des êtres réels?
Sont-ils des personnifications des forces de la nature?
Sont-ils des archétypes jungiens?
Sont-ils différents aspects de vous-même?
Sont-ils externes ou internes?
Et la réponse à toutes ces questions est: « Bien sûr ils sont tout cela ».
La religion a donc plusieurs niveaux de compréhension et naturellement les enseignements d’une religion, sa mythologie ont plusieurs niveaux de compréhension. La mythologie de l’Odinisme peut être vue comme se rapportant aux réalités astronomiques, les expliquant sous forme d’allégorie. Elle peut être vue comme se rapportant à l’incarnation des individus ou même comme un seul jour de l’incarnation, ou celle d’un peuple ou d’un groupe folklorique. Elle comporte en effet de nombreux niveaux.
Tout comme avec la « religion » elle-même, la sophistication de la mythologie odinique est telle qu’elle peut être consultée par chacun en fonction de son niveau d’évolution personnelle. Et c’est cet accès direct, cette compréhension expérimentée qui est réellement importante. À un niveau très profond, il agit comme un chemin guidé vers une conscience plus élevée et vers ce qu’on peut appeler, la réalisation de soi; l’illumination, la conscience d’Odin et ainsi de suite. Le terme utilisé n’est pas la chose importante, c’est l’expérience qui l’est. Ce sera sur ce niveau que cet article se concentrera, et plus spécifiquement sur une figure autour de laquelle il y a une grande part de confusion et en quoi cela se rapporte à notre chemin vers une conscience plus élevée.
Il y a bien sûr beaucoup de chose qui entravent ce voyage, et tous ces obstacles peuvent finalement être reliés à la figure de «Loki». En raison des limitations de temps et d’espace pour cet article, je ne serai pas capable d’aller dans les détails mais je vais vous donner un aperçu. Il est très important que la figure de Loki soit comprise. Si le lecteur est suffisamment intéressé, il pourra utiliser ceci comme une carte approximative pour commencer consciemment son propre cheminement vers la Conscience d’Odin. Dans tous les cas, il sera mieux servi en faisant cela car il se dirigera vers le haut de la compréhension intellectuelle, vers la connaissance expérimentée.
La façon dont nous approchons et comprenons les mythes est bien sûr primordiale. Alors qu’ils sont, comme nous l’avons vu, compréhensibles à de nombreux niveaux et qu’ils se rapportent ainsi à beaucoup de choses, ils ne doivent pas être pris comme quelque chose de littéral. Je peux sembler vouloir insister sur ce point, mais ce n’est pas seulement vital pour comprendre, mais c’est aussi l’un des obstacles les plus fréquemment rencontrés. Cette tendance « littéraliste » est en fait beaucoup plus répandue que ce que l’on pourrait penser au premier abord. L’erreur de voir de manière littérale l’ensemble des mythes est rare, mais ce que nous pouvons qualifier de «littéralisme sélectif» est en fait assez répandu. Le résultat est souvent un blocage des individus vers une évolution supérieure. Je dois m’expliquer un peu plus à propos de ce littéralisme sélectif. Je n’ai en fait encore jamais rencontré un adulte qui croit littéralement, par exemple, que Thor soit un homme gigantesque avec une grande barbe rousse qui vole à travers le ciel dans un chariot tiré par une paire de boucs défiant la gravité, ou qui croit littéralement qu’un couple de loups gigantesques dans l’espace donne la chasse aux orbes célestes afin d’essayer d’en faire leur collation. Sur ce genre de choses, les gens réalisent aisément qu’elles sont symboliques. Cependant j’ai rencontré certaines personnes qui croient littéralement qu’Odin est un vieil homme (quoique remarquablement fit) avec une barbe grise, un grand chapeau et à qui il manque littéralement un œil et qui prennent les différents récits des Dieux ou des Déesses comme des évènements se produisant littéralement comme dans une sorte de soap opéra cosmique.
Une conséquence ouvertement négative de cela peut être vue dans les personnes excusant leur propre comportement négatif en déclarant émuler les Dieux. J’ai sérieusement entendu des personnes excuser leurs mensonges éhontés et leurs trahisons en déclarant qu’ils « suivaient la voie d’Odin »; j’ai entendu excuser des comportements grossiers, rustres et ignorants en prétendant émuler Thor. En tout ceci et dans d’autres comportements négatifs, c’est en réalité l’énergie de Loki qu’ils ont adoptée et non pas l’expression des Dieux Brillants.
Il y a diverses raisons qui font que cette tendance littéraliste existe. Bien que je n’aie pas l’intention de toutes les exposer ici, je pense que ce serait bénéfique d’en regarder quelques une de plus près afin d’identifier le problème. Nous serons ainsi mieux en mesure de les dissoudre.
Une des causes majeures est le fait que même parmi ceux qui ont rejeté la religion et les enseignements du judéo-christianisme, cette croyance qui a depuis si longtemps et si férocement dominé le monde occidental, on trouve des personnes qui n’ont pas encore brisé les chaînes de l’état d’esprit judéo-chrétien. Il s’agit d’un état d’esprit qui est profondément ancré chez de nombreuses personnes et qui est renforcé par les médias populaires et les institutions. Pendant des siècles, la forme la plus virulente de la croyance chrétienne a insisté sur l’acceptation littérale de sa mythologie telle qu’exprimée dans la bible. Tout ceux qui ont offert une interprétation plus éclairée, ou qui ont contesté cette idée que la mythologie judéo-chrétienne était littéralement vrai, ont été traité sauvagement par la torture ou même la mort. Les forces du judéo-christianisme étaient si puissantes et avaient une telle portée que même des hommes de connaissance ont été intimidés et s’y sont soumis. La médecine et les sciences furent diminuées à des superstitions car elles ne pouvaient pas donner l’impression d’offenser la tendance littéraliste de l’establishment judéo-chrétien et l’interprétation littérale de leur mythologie. Si des hommes et des femmes intelligents avec un haut degré d’instruction ont été forcés d’être d’accord avec ce littéralisme virulent, il n’est pas surprenant que les gens simples, ceux qui étaient davantage concernés par la survie au quotidien et qui avaient très peu de temps libre pour philosopher, aient avec le temps assimilé le point de vue dominant. Même au milieu du 20ème siècle, prétendre qu’ Adam et Eve, le mythe de la création chrétienne n’est pas réellement un fait littéral était passible de poursuite. Et même aujourd’hui, des millions de gens apparemment intelligents ont encore une croyance littérale dans des choses telles que “L’enlèvement de l’Église” (Rapture) etc. Il n’est donc pas vraiment surprenant que beaucoup de ceux qui ont rejeté cette doctrine étrangère ont encore en eux une partie de son état d’esprit. Et cette acceptation ou cette vision des mythes comme étant une vérité littérale (même si c’est un littéralisme limité) est une expression de cette tendance persistante. Pour certains, c’est à un niveau conscient, tandis que pour beaucoup c’est plutôt à un niveau subconscient.
Un autre élément clé de ce problème concerne la façon dont laquelle les mythes Odiniques ont été collectés et écrits et donc dans une certaine mesure la manière dont ils ont généralement été étudiés.
Premièrement la majeure partie de la mythologie qui a survécu a été consignée sous forme écrite à une époque où réellement peu de personnes comprenaient encore la sagesse intérieure de notre foi ancestrale. L’ « Age Viking », qu’on le veuille ou non, n’a été en aucun cas un Age d’Or pour notre religion, et ce malgré beaucoup de vœux pieux à ce sujet. En fait, on peut même dire que cela a été son point le plus bas. Si il avait été un Age d’Or, alors notre religion naturelle et notre voie spirituelle n’auraient probablement pas pu être assujetties sans l’extermination presque totale de notre folk. Mais aussi vicieux et cruels qu’aient pu être les suppresseurs chrétiens, bien souvent en fait, le « sale boulot » fut conduit par des éléments corrompus de notre propre peuple, recrutés pour mener le régime de terreur. Par exemple, ce ne fut pas des seigneurs de guerre sémites qui interdirent la pratique de notre religion populaire dans le royaume franc aux environs de l’an 500. Ce ne fut pas des armées étrangères qui déclenchèrent une vague de terreur contre la Frise, mais les chrétiens Francs. Ce ne fut pas un peuple étranger qui a trompé puis massacré 4500 nobles saxons pour avoir refusé de se convertir à la religion étrangère, mais des éléments corrompus de notre propres peuple. Je ne vais pas énumérer plus en avant les vagues de torture et d’extermination menées contre notre peuple à travers l’Europe pour les forcer à s’incliner devant la religion étrangère, mais elles ont continué pendant des siècles et elles ont été menées par ceux de nos gens qui étaient devenus dégénérés. Il est clair qu’en ces temps un nombre suffisant de nos gens, et tout spécialement ceux d’influence et de pouvoir, avaient déjà dérivé si loin de la compréhension de la nature de la réalité telle qu’elle est énoncée dans le mystère des mythes de notre peuple qu’ils étaient mûrs pour la corruption. Cela n’aurait jamais pu se produire durant un Age d’Or. Il y a de nombreux aspects admirables de l’ère viking que nous pouvons regarder avec une fierté, mais ce ne fut certainement pas un Age d’Or pour notre ancienne religion. Pourtant, ce fut durant cette période que la plupart des mythes tels que nous les connaissons aujourd’hui ont été écrits. Nous devons également réaliser qu’une partie du processus d’asservissement (à moins qu’un génocide rapide soit la manière de faire choisie) implique de saper les croyances des gens, leur amour, leur foi, leur confiance en leurs Déités et l’éradication de la sagesse ancestrale léguée de manière orale à travers les siècles. Une foi nouvelle fera presque toujours cela, une partie de cela impliquant de biaiser les médias populaires de l’époque. Les judéo-chrétiens ont très bien fait cela. Ce qu’ils ne pouvaient détruire physiquement, ils l’ont corrompu et subverti. Ainsi, les mythes ont été manipulés, trafiqués pour s’adapter à la nouvelle croyance et aux nouveaux maîtres. Et il faut se rappeler qu’à cette époque, la plupart de la population était incapable de lire. La tradition orale en vers, les chansons de geste etc. furent la méthode choisie pour la transmission des connaissances. Ceux qui savaient lire et écrire étaient considérés comme des personnes ayant plus de savoir et ce sont eux qui présentèrent la nouvelle propagande, ce qui lui donna en quelque sorte une certaine légitimité. C’est une erreur bien sûr, mais l’histoire est jonchée d’erreurs.
Certains de ceux qui ont présenté ce travail par écrit avaient déjà accepté ou étaient au moins fortement influencés par la nouvelle religion étrangère. Ils ont donc adapté leurs écrits afin qu’ils servent de propagande directe visant à rabaisser les divinités autochtones et leurs attributs. D’autres étaient peut-être ambivalents, mais ils gardaient un oeil sur l’avancement de leur carrière et ils cherchaient à gagner les faveurs de l’establishment chrétien à présent dominant. Ils cherchaient à éviter les persécutions qui s’exerçaient contre ceux qui ne ployaient pas le genou devant la nouvelle croyance et ils s’assuraient ainsi l’approbation de cet establishment. Une grande partie de la compréhension de la sagesse contenue dans les mythes n’était plus comprise. Les mythes ont été dans de nombreux cas consignés, soit comme de simples superstitions, soit comme des contes divertissants. Même si les scribes avaient voulu présenter les enseignements de manière inaltérée, ils n’auraient probablement même pas été capables de les comprendre. Avec très peu ou aucune croyance dans les «anciens dieux» et une compréhension limitée, ils auraient traité les mythes comme une simple source matérielle pour des histoires pittoresques. En d’autres termes, ils n’ont même pas été écrits avec l’intention d’expliquer les mystères de la création, le chemin vers une conscience plus élevée et la connaissance, mais pour le divertissement. Cela est reconnu par de nombreux auteurs académiques qui ont écrit sur le sujet.
Certains des écrits pris pour des «mythes» ne font même pas partie du trésor mythique originel du tout, mais ils ont été écrits soit à des fins de propagande chrétienne soit dans un but de divertissement de la même manière que “La Vie de Brian” des Monty Python qui s’appuie sur des sources de la mythologie judéo-chrétienne ou que les jeux de fantasy qui utilisent l’imagerie issue d’une variété de mythes. Le résultat final étant bien sûr ce qui peut être considéré comme une souillure et un avilissement du divin. La nature elle-même a été désacralisée et les divinités dépouillées de leurs pouvoirs divins et de leur image. Par exemple Thor, adoré du peuple, champion du bien contre le mal et broyeur des illusions a été rétrogradé dans les récits à un être décrit comme un lourdaud, ivre, facilement berné, une caricature. Allfather, Odin, est représenté tel un démon perfide, menteur et un traître. Odin, la force de la discipline pure et de la volonté sacrée, traîné à ce niveau. Freya, la force divine de l’amour joyeux est présentée sous les traits d’une sorte de souillon voluptueuse. Dans certains cas, les Divinités n’ont même pas été dépeintes en tant qu’êtres divins du tout, mais comme une bande de Troyens errants, menteurs et tricheurs.
Voyez-vous le mal qu’une telle perception de nos mythes crée?? Pourtant ce sont ces sources que les littéralistes utilisent et étudient avec une intention sérieuse mais erronée. Lorsque l’intention essentielle des mythes est autant cachée, comment peut-on voir le chemin illuminé?
Et lorsque la répression manifeste de la nouvelle religion étrangère a enfin diminué et que les historiens et autres universitaires et chercheurs purent étudier notre passé et nos mythes sans avoir à craindre la torture et la mort, ils n’ont pas vu leur véritable nature. Au contraire, ils les considérèrent comme des croyances étranges (et souvent primitives et naïves issus d’un peuple barbare qui passa à travers l’histoire). Ils ne les ont pas vus comme l’expression du chemin spirituel indigène de notre folk. Ils n’ont pas vu que cette sagesse antique est aussi valide et vitale aujourd’hui qu’elle l’était il y a des siècles. Ils n’ont pas vu la grande sophistication que ces mythes possèdent en fait. Ils ne les ont pas considérés comme les enseignements d’une religion vivante et en constante évolution, mais comme les vestiges d’une époque morte depuis longtemps. Donc, avec la meilleure volonté du monde, ils on regardé à travers le mauvais objectif. Aussi utiles que ces sources puissent être, et nous devrions en être reconnaissants, leurs mots sont ceux qui donnent une compréhension intellectuelle limitée et non pas une connaissance expérimentée. Cependant, comme l’Odinisme est la manifestation moderne de la sagesse intemporelle des peuples indo-européens du nord, nous pouvons regarder dans les textes anciens tels que les Védas pour trouver les messages essentiels présentés dans les mythes Odiniques.
Rappelez-vous, la Mythologie n’est pas une vérité littérale mais l’expression symbolique et à plusieurs niveaux d’une vérité primordiale.
Il peut vous sembler que nous ayons un peu dévié de l’intention de base de cet article: une perception plus claire de «Loki» dans notre mythologie. Mais en fait, telle est l’omniprésence de l’énergie que représente Loki, que l’on en a fait allusion tout au long de cet article. Car ce que Loki représente en fin de compte au niveau du mythe dont nous parlons ici, c’est l’illusion. Loki est le pouvoir de l’illusion. C’est cette énergie de l’illusion qui empêche notre perception correcte de la nature de la réalité et donc nous empêche d’atteindre une conscience supérieure, la conscience d’Odin, l’illumination, l’illumination Odinique, quelle que soit la façon dont on la nomme. Ce n’est pas le terme qui est important en tant que tel, il peut ou non être un indicateur de quel chemin vous suivez vers cette conscience supérieure, mais le terme que vous lui donnez n’est pas important. Et même, mettre l’accent sur le terme plutôt que sur l’état, peut être vu comme étant obstrué par l’illusion.
Rappelons-nous encore une fois qu’à ce niveau de nos enseignements mythiques, nous sommes préoccupés par la compréhension du cycle du mythe en tant que manière de comprendre notre propre être, de comprendre la “réalité essentielle” en tant que chemin guidé vers une grande illumination. Un chemin de sagesse couché sur le papier au format allégorique lors du dernier « Age d’Or ». Cette époque durant laquelle nos brillants ancêtres étaient très évolués, des êtres réellement réalisés. Et c’est cette compréhension, cette sagesse et cette connaissance consciente vers lesquelles nous marchons à nouveau lentement. Encore une fois, sur cette voie se tient Loki, l’énergie de l’illusion et tout ce qui naît de cette énergie. La figure de Loki peut être comparée à celle de Māyā des anciens enseignements aryens. L’illusion est un obstacle insidieux et omniprésent et elle est finalement toujours négative. Souvent, elle peut ne pas sembler être directement préjudiciable. Les « sensations » qu’elle produit peuvent souvent sembler être agréables et, en fait, elles sont souvent poursuivies comme étant souhaitables. Aveuglée par l’illusion, une personne peut croire qu’elle se comporte d’une manière positive, alors qu’en fait, ses actions sont négatives. Le doux parfum ainsi que la puanteur odieuse sont les odeurs de l’illusion et sa puissance ne peut pas être surestimée. Très souvent, cette énergie leurrera les gens en les faisant penser qu’ils sont «libres», qu’ils agissent par leur propre volonté. Pourtant, l’illusion lie en réalité avec des chaînes. Qu’il s’agisse de chaînes en or ou en fer, ce sont toujours des chaînes. Les petits plaisirs que l’illusion peut parfois sembler apporter sont bien mesquins par rapport à la félicité divine qu’apporte une conscience plus élevée. Un esclave heureux ou un esclave qui ne réalise même pas qu’il est un esclave, demeure un esclave et il se voit refuser la splendeur de la véritable liberté. C’est l’illusion qui stimule notre système nerveux quand elle est expérimentée à travers des perceptions imparfaites. C’est l’impulsion qui nous pousse à chasser ce qui est en fait des petites joies et à rester dans l’ignorance du bonheur divin et de la joie pure. Et combien de souffrances nous apportent, à nous et aux autres, cette course après le plaisir de l’illusion?
Dans les mythes, la figure de Loki est présente tout au long du cycle et elle est uniquement vaincue lors du Ragnarok. En regardant les mythes au niveau de notre évolution personnelle et de notre autoréalisation, le Ragnarok est représentatif de notre victoire finale sur ce qui se trouve devant nous, nous empêchant d’atteindre cette évolution supérieure Nous voyons donc, que c’est seulement en surmontant cet ennemi que nous pouvons être victorieux.
La nature de Loki est encore accentuée lorsque l’on prend en considération sa progéniture. De nos jours, sont généralement considérés comme étant les enfants de Loki: Fenris, le monstrueux loup; Jormungandr, le Serpent du Monde; Hel et Sleipnir. Je ne crois pas que dans les mythes les plus anciens et les plus purs de notre peuple, Hel et Sleipnir (ou leur contrepartie) étaient considérés parmi la progéniture de Loki, mais une étude plus détaillée sur ce sujet nécessite un article distinct. Toutefois, pour cet article, et en grande partie parce que beaucoup de personnes en dehors de l’Odinic Rite sont influencées par la mythologie altérée (comme détaillé ci-dessus), ils seront inclus dans la liste de ses «rejetons». Cependant, même si nous les considérons dans cette position, nous voyons une différence très nette entre eux et Fenris et Jormungandr qui sont tous les deux évidemment beaucoup plus négatifs. Nous devrons aussi prendre en considération la figure de Sigyn, présentée comme la fidèle épouse de Loki. En outre, nous examinerons également les éléments du mythe de la création, l’idée qu’Odin soit un frère de sang de Loki et le meurtre de Balder, qui est l’œuvre de Loki. En examinant ces figures et ces situations, nous allons voir comment elles renforcent également la compréhension que Loki représente l’illusion ainsi que ses effets.
Considérons d’abord Fenrir: à certains égards, Fenrir peut être considéré comme étant plus ouvertement et manifestement dangereux pour les Dieux que Loki. Certes, l’ambiguïté qui semble brouiller la compréhension de Loki n’est pas présente (mais cette ambiguïté démontre bien sûr que Loki est en fait l’illusion). Cependant, malgré le danger manifeste que représente Fenrir, la source de ces menaces est Loki. Au niveau du mythe que nous détaillons dans ce travail, Fenrir personnifie le « faux ego » ou « le soi inférieur», qui travaille constamment pour nous empêcher de réaliser notre «soi supérieur». En effet, il cherche à dévorer la connaissance de notre “moi supérieur”, l’image d’un loup monstrueux et très vorace est vraiment très appropriée. Après tout, le petit ego est vorace; il a besoin de constamment forcer sa soif de reconnaissance, de gratification et d’apaisement. Dans la mythologie, le danger que Fenrir apportera était connu longtemps avant qu’il n’atteigne sa pleine puissance. Vu plus littéralement, il peut sembler étrange que cette bête n’ait pas été tuée avant qu’elle n’ait atteint sa taille dangereuse, mais qu’à la place elle ait été emmenée en Asgard. Cela démontre deux choses très importantes. D’abord, cela peut être vu comme une lente descente de l’Age d’Or, lorsqu’il était encore possible de contenir le danger que porte le « petit ego » car c’était une période de compréhension et d’évolution supérieure. Mais aussi, et pour nous dans cette incarnation, cela indique comme il est difficile de réellement tuer le « faux ego ». Celui-ci est constamment avec nous, nous pourchassant, essayant de dévorer notre conscience supérieure. Même ceux qui ont une extrême autodiscipline, qui mènent d’intenses pratiques spirituelles ou de développement personnel et qui reconnaissent notre nature divine essentielle (comme le font ceux qui habitent en Asgard), seront toujours en péril face à ce «loup». Cela requiert un contrôle constant juste pour garder cette énergie à distance et encore plus pour la vaincre ou la détruire en nous. Les dieux, ou les énergies de développement supérieur si vous préférez penser à eux en ces termes, ont reconnu le danger et ils l’ont amené au royaume de la conscience supérieure et l’y ont enchaîné. Dans nos enseignements, ce monstre est lié par une chaîne forgée par les elfes sombres. Cela peut paraître étrange car à ce niveau, les elfes sombres eux-mêmes symbolisent des traits négatifs, que ce soit les désirs sensuels incontrôlés, les désirs matériels etc., mais paradoxalement ce sont précisément ces choses qui surgissent de l’illusion qui attachent ou ordonnent au faux ego. Nous voyons dans la mythologie qu’indompté et détaché ce monstre est une menace directe au principe odinique, la conscience supérieure, et qu’il doit être détruit avant que la pleine réalisation de la conscience d’Odin ne soit atteinte. Et quelle est la grande crainte en faisant ceci? Qu’en surpassant ce petit moi, nous perdions tout sens de nous-mêmes, ceci est une illusion bien sûr car le moi supérieur est alors révélé et expérimenté. Mais l’illusion est puissante et omniprésente, et sa progéniture, le « petit ego non éclairé » est aussi un « loup » monstrueux et vorace qui cherche à croître jusqu’à ce qu’il menace de détruire tous les aspects de notre « être supérieur ».
La seconde engeance de Loki ou l’illusion est représentée par Jormungandr, le serpent du Monde. Une créature si vaste qu’elle encercle le monde matériel de Midgard et se tient à lui. Encore une fois, quelle splendide image car Jormungandr est symbolique des désirs matériels et de la force vitale déchaînées ou incontrôlées que nous possédons. L’attachement à ces désirs et l’incapacité ou même un manque de volonté à contrôler l’énergie vitale sont pourtant des obstacles qui nous empêchent d’atteindre une conscience supérieure ou supra conscience. L’illusion, notre perception incorrecte de la nature de la réalité et les plaisirs ou gains que nous semblons trouver dans le domaine d’existence de Midgard, nous retient fermement à un plus bas niveau de réalité que celui que l’on pourrait atteindre. De façon intéressante, la force vitale était décrite dans les anciens enseignements indo-européens comme un serpent (Kundalini). Correctement contrôlée, cette force ou ce « serpent » mène à une évolution rapide. Mais incontrôlée elle est très dangereuse et nous maintient à des niveaux inférieurs de la réalité.
La déesse Hel est souvent présentée comme étant une autre progéniture de Loki. Hel est la Déesse qui domine le royaume Brillant des « morts » qui porte son nom. En effet, son nom est apparenté avec Heil (brillant), Health (santé) , Heilige (sacré), etc. Le royaume de Hel est un lieu de repos, d’étude, de purification et de renouvellement entre les incarnations. Une fois que la conscience d’Odin est atteinte, le besoin d’incarnation en Midgard est terminé bien que certains puissent y retourner pour aider ceux qui y résident encore. Mais jusqu’à ce qu’elle soit atteinte, le processus de naissance, mort, renaissance doit continuer. Comme c’est en fin de compte la force de l’illusion qui empêche la réalisation de cette illumination, il existe un réel «besoin» de ce royaume de purge, de repos, d’étude et de renouvellement; un besoin provoqué ou «né» de l’illusion pour ainsi dire. De cette façon, nous pouvons aisément constater comment une mauvaise compréhension de Hel ou une calomnie délibérée peut facilement amener à considérer Hel comme étant une « fille » de Loki. Mais cette Déesse ne peut pas être regardée comme un enfant de Loki de la même façon que Fenrir ou Jormungandr. La présentation de cette figure a été fortement altérée par certains. Le nom similaire de cette Déesse Brillante avec celui du royaume des punitions de la mythologie judéo-chrétienne a été mis en avant afin d’assimiler la notion odinique de la mort avec celle du judéo-christianisme, faisant de la Déesse et de la mort elle-même quelque chose de terrifiant. Dans le mythe judéo-chrétien, le mort va soit au ciel en récompense du fait qu’il ait obéi aux commandements du dieu chrétien comme transmis par la hiérarchie chrétienne, soit en enfer, le royaume de la punition éternelle et de la souffrance. En cherchant à diaboliser la Déesse qui est la Reine du royaume des morts, il est clair qu’une tentative de l’égaler avec la souffrance était prévue.
Bien que cet article n’est pas destiné à examiner en profondeur le processus de l’incarnation, de la vie, de la mort, de la renaissance etc., il est utile de mentionner un point supplémentaire concernant la déesse Hel. Elle est décrite comme étant à moitié blanche et à moitié noire ou bleue. Cela ne doit bien sûr pas être pris de manière littérale, c’est encore une fois symbolique. En bref, cela indique (entre autres choses) les différents aspects de la Déesse, la bienveillante et la courroucée. Le processus de purification entre deux incarnations peut en effet être rude et terrible lorsque le Wyrd de chacun est examiné. Les illusions et la négativité doivent être effacées. MAIS, que le trajet et le temps passés en Hel soient rudes ou non, ils ne sont PAS éternels. Je recommande la lecture du livre “Odinic Mythology for the 21st Century par le Circle of Ostara en tant que source pour plus de détails sur Hel (et sur bien d’autres sujets).
Sleipnir ne peut également pas être considéré de la même manière que Fenrir et Jormungandr, car ils sont en guerre contre les Dieux, l’état supérieur de l’être, tandis que Hel et Sleipnir aident à avancer vers cet état supérieur. Sleipnir est ce véhicule qui transcende tous les royaumes. Sleipnir n’est pas lié à un monde mais peut traverser aisément tous les royaumes. Cela démontre qu’il y a un chemin et une façon de voyager vers différents niveaux de conscience. Sleipnir est le véhicule mythique par lequel tous les niveaux de la réalité peuvent être expérimentés, mais sans nous tenir en esclavage. Encore une fois, on pourrait dire que le «besoin» de cela existe uniquement parce que l’illusion nous empêche de réaliser cela. Mais encore une fois, Sleipnir n’est pas un enfant de l’illusion de la même manière que Fenrir et que le Serpent du Monde. Sleipnir est représenté comme un cheval à huit pattes; ceci implique bien sûr de nombreux niveaux de symbolisme. Il est intéressant, bien que pas surprenant, de noter que différents systèmes de yoga (pratiques qui ont surgit des temps indo-européens anciens) ont huit niveaux ou chemins. Il y a le Kalachakra à huit rayons, ou roue du temps des Hindous, qui est un symbole de la création parfaite. Le nombre huit a beaucoup de signification dans l’hindouisme (qui, comme l’Odinisme, est dérivé de la sagesse antique présentée dans les textes védiques).
Il y a également dans le bouddhisme le concept de la roue à huit rayons et des huit membres du noble sentier octuple vers l’illumination. Nous voyons donc à nouveau un chemin vers une conscience supérieure. Odin voyage en chevauchant ce cheval mythique et nous observons encore une fois le symbolisme d’un effort conscient pour atteindre des niveaux de conscience supérieurs par l’expérience directe, un véhicule/chemin à huit niveaux ou dans ce cas à huit pattes pour le faire.
Une autre figure que nous devons prendre en considération concernant l’énergie de l’illusion ou Loki est celle de Sigyn qui est présentée comme étant son épouse. C’est son unique rôle dans les mythes qui nous ont parvenu. Sa figure pourrait être considérée comme plutôt tragique, car, bien qu’elle ne soit pas malveillante elle-même, en effet sa fidélité envers le malveillant Loki peut être considérée comme issue d’un noble élan. Elle a donné à Loki deux enfants. Aucun d’eux ne semble lui donner la moindre joie, mais ils sont la source de grande tristesse car elle est témoin du meurtre d’un de ses fils par l’autre. C’est sûrement l’un des plus profonds chagrins qu’une mère puisse subir. En outre, il s’agit d’une conséquence issue des actes de son mari qui conduit à cet événement tragique. Pourtant elle continue à lui rester dévouée. Malgré les douleurs terribles et les difficultés qui lui sont infligées et résultant des actions de son mari, elle lui reste fidèle, le servant et essayant de le protéger. En gros, en servant Loki, elle sacrifie son potentiel de vie et elle est une servante de l’illusion. Elle n’est pas en mesure d’atteindre son potentiel supérieur. Lorsque Loki, comme punition pour son rôle dans le meurtre de Balder, est attaché et que des serpents venimeux sont placés au-dessus de sa tête afin que leur poison coule sur lui, induisant d’horribles douleurs, c’est Sigyn qui reste loyalement à ses côtés essayant de récupérer dans une coupe les gouttes de poison qui coulent. Brève parenthèse, les serpents ont parfois été dans les mythes et le folklore indo-européen du nord le symbole de la sagesse. La sagesse dissout l’illusion, nous pouvons voir ainsi la punition de Loki dans ce contexte, et Sigyn, comme quelqu’un de totalement sous l’emprise de l’illusion fait de son mieux pour protéger cette force de quelque chose qui va l’éradiquer, au point que perdre ses illusions est une douleur que son petit ego ne peut pas affronter. Le venin bien sûr est également symbolique des actes remplis du venin de l’illusion qui revient comme une conséquence du Wyrd et causant de la douleur.
Certains chercheurs ont suggéré qu’elle est représentative des qualités admirables d’une femme fidèle. Cependant, au niveau du mythe qui nous intéresse, celui où nous voyons les mythes étant un chemin illuminé vers une conscience supérieure, ce n’est pas vraiment le cas. Nous savons qu’à ce niveau Loki symbolise l’énergie de l’illusion et que tous les humains y sont sujets. Jusqu’à ce que nous ayons affronté notre propre Ragnarok, lorsque nous aurons finalement arraché le voile de l’illusion et compris la vraie nature du multivers, chacune et chacun d’entre nous à un degré plus ou moins élevé, est embué par l’illusion et doit subir les limitations et les souffrances qui en résultent. Bien souvent, si nous sommes capables de regarder avec clarté et honnêteté les intentions et les impulsions derrière nos pensées, nos paroles et nos actes, nous pouvons identifier où nous sommes tombés en proie à l’illusion et à sa progéniture. Bien que cela soit difficile à surmonter, nous pouvons au moins commencer le processus par une analyse honnête de nous-mêmes, de nos motivations etc. Très souvent, en faisant cela, nous allons identifier quelles étaient vraiment les mauvaises intentions, nées de l’égoïsme et du «petit égo», le désir de satisfaire nos sens physiques ou émotionnels afin de nourrir le faux égo. À certains moments, nous pouvons voir cela assez facilement, mais telle est la puissance véritablement insidieuse et omniprésente de l’illusion, que le plus souvent nous ne pouvons pas le voir. Des choses qui semblent être nées de bonnes (bien que ignorantes / erronées) intentions, même la compassion mal placée (ou la «compassion stupide» pour reprendre le terme du Dalai Lama) sont vraiment juste une autre illusion qui nous empêche d’avancer.
Sigyn symbolise cette tendance. Elle n’est pas «mal intentionnée», elle n’agit pas sous une impulsion de malveillance ou de négativité consciente, mais elle est encore séduite par l’illusion et elle est détenue comme son esclave. Elle a embrassé l’illusion, deux fils naquirent de Loki, le fruit de son illusion. Et comme tout ce genre de fruits, il s’avère finalement être une source de douleur et de souffrance.
Sigyn refuse cependant de lâcher ses illusions, et ce malgré les effets dévastateurs qu’elles ont apportées à sa vie. Incapable d’accepter que ce à quoi elle s’est donnée est faux, elle cherche à protéger son illusion à tout prix, s’enchaînant ainsi elle même à l’illusion au lieu de permettre de la dissoudre. Elle est prête à sacrifier sa propre progression et la reconnaissance de sa véritable nature pour protéger l’illusion par laquelle elle s’est définie. Nous voyons ici comment même de nobles intentions (et la loyauté est de noble intention) si elles sont basées sur l’illusion conduisent à se tromper soi-même et à la manipulation par des énergies négatives et hostiles. Nous voyons combien il est difficile d’accepter que quelque chose que nous avons pu chérir soit en réalité néfaste pour nous et faux. Au lieu d’accepter ce fait, aussi dur qu’il puisse être pour notre “petit soi” et ainsi apprendre et avancer, les gens ainsi illusionnés refusent de faire face à ce fait, ne l’accepteront pas et resteront dans l’ignorance. Parfois, les gens se sentiront définis par leur attachement à quelque chose, comme si eux-mêmes n’avaient aucune valeur réelle sans elle. Malgré que toutes les preuves indiquent que ce à quoi ils s’accrochent soit faux ou nocif pour eux et qu’ils découvrent ainsi leur vraie nature et leur valeur, ils n’oseront toujours pas le laisser aller. Ils craignent d’être sans valeur sans cette illusion, qu’ils n’aient pas de rôle, pas de définition, pas de place et qu’ils soient vraiment insignifiants. L’insignifiance est une peur du petit soi, le grand soi ou le soi supérieur connaît sa vraie nature et sa valeur comme étant divine, expérimentée et vécue par le multivers dans la joie.
Sigyn personnifie cette tendance. Le fait qu’elle ne soit mentionnée seulement comme étant la femme de Loki, sans aucun autre rôle, est indicatif du fait qu’elle ne peut se définir que par les illusions auxquelles elle s’accroche. Si elle n’était pas la femme de Loki, aurait-elle mérité une mention? Aurait-elle même existé ? Elle restera donc liée à l’illusion, car en se libérant elle semblerait devenir insignifiante. Elle est une excellente représentation de cette tendance à s’accrocher au faux, à maintenir l’attachement aux choses qui sont en réalité fausses. Si elle était en mesure de quitter son illusion et de lui permettre d’être dissoute par la sagesse et la loi du Wyrd, elle découvrirait en fait sa haute valeur, son propre chemin vers une conscience supérieure, mais le symbole qu’elle représente ne le peut pas. Nous apprenons ainsi que l’attachement à «l’ignorance», qui nous empêche d’apercevoir la réalité ultime, ne vient pas nécessairement de motifs ouvertement égoïstes (bien que ce soient des motifs subtils du petit ego), et n’est pas entraîné par la malveillance. Mais cette ignorance bloque notre chemin vers la connaissance de la réalité supérieure aussi sûrement que les actions facilement reconnaissables poussées par la méchanceté et l’égoïsme. Dans le mythe relatif à sa protection envers Loki, il y a des moments où le bol qu’elle a placé pour le protéger contre le venin qui coule est plein et menace de se renverser sur son «illusion». Elle doit le laisser, mais comme elle craint que l’illusion ne commence à se dissoudre, elle se précipite pour le vider et pour revenir protéger à nouveau ses illusions. Les contractions de Loki à ce moment sont telles qu’elles sont décrites comme « faisant trembler la terre ». En d’autres termes, ceux qui sont comme Sigyn peuvent parfois tenter de quitter les illusions qu’ils embrassent et protègent. Mais quand le monde, la «terre» de l’illusion qu’ils ont créé est en train de «trembler», ils ne peuvent pas le supporter. Ils y sont si attachés, qu’ils courent à nouveau vers lui et le renforce quand il semble menacé de désintégration. Pour surmonter l’illusion, nous devons être prêts à supporter le choc et le désespoir que la « désillusion » amène souvent en premier lieu.
Prenons à présent le châtiment qu’a reçu Loki pour son rôle important dans le meurtre de Balder le magnifique. Il serait bénéfique d’enquêter sur le coeur de ce mythe car c’est un enseignement clair sur la façon dont l’illusion fait obstacle à notre évolution supérieure vers la conscience d’Odin.
Je suppose que ceux qui lisent cet article sont familiers avec les détails de ce mythe, je ne le répèterai donc pas en entier. Il suffit de dire, qu’au niveau des enseignements mythiques que nous traitons ici, Balder est représentatif de l’humanité et de l’individu, la réalité essentielle de la « nature divine » et de la haute destinée de chaque individu en tant que manifestation du «divin». Balder est l’enfant le plus aimé des dieux, une expression de l’amour du multivers en tant qu’entité vivante, de nous en tant que création douée de sens de cette entité qui s’expérimente elle-même. Nous sommes les enfants bien-aimés des énergies supérieures qui nous ont engendrés, en nous demeure la force divine. Balder devient troublé par des rêves de mauvais augure et de mort, une allégorie à plusieurs niveaux (comme le sont tous les mythes) à la fois de la descente d’un paisible «âge d’or» où nous existons à un niveau supérieur à des niveaux matériels plus bruts. Et avec cette descente, due à l’apparition de l’énergie de l’illusion, nous expérimentons des peurs et des désirs alimentés par l’illusion qui menacent notre élévation vers un état de conscience supérieur. Frigga, une force d’amour Divin, tente de protéger Balder de ces maux, mais c’est seulement par notre propre surpassement que nous pouvons réellement vaincre et devenir immunisés contre ces choses. L’énergie de l’amour divin cherche à nous aider et à nous élever, mais c’est de nous-mêmes que nous devons répondre à cette aide aimante. Elle ne peut nous élever, seuls nos efforts peuvent le faire. Frigga, qui cherche à protéger Balder, a obtenu la promesse de toutes les choses qu’elles ne feraient jamais de mal à Balder, sauf bien entendu de Loki et de la plante de gui. Frigga avait considéré que la plante de gui était inoffensive et qu’elle ne représentait donc aucun danger. Il semblait donc que Balder était invulnérable et pour s’amuser, les Dieux se mirent à jeter toutes choses sur lui car rien ne pouvait avoir d’effets néfastes. Loki, sachant que le gui n’avait pas donné sa parole de ne pas faire de mal à Balder, en fit une flèche et la donna à Hother (le frère de Balder) afin qu’il la lance sur Balder. Il guide la main de Hother et la flèche tue Balder. Le fait que Hother soit dépeint comme étant aveugle à ce stade du cycle mythique est symbolique de « l’aveuglement » du petit égo. Sans mauvaises intentions, le petit ego est encore aveuglé par l’illusion et il est guidé à faire des choses qui sans le vouloir apportent de grands malheurs. Dans un état d’aveuglement, d’ignorance de la vraie nature de la réalité, même sans malice, cette ignorance ou cet aveuglement pourra toujours tuer le «soi supérieur», nous empêchant ainsi d’atteindre un niveau de conscience supérieure que nous pouvons appeler la Conscience d’Odin, l’Illumination ou tout autre terme équivalent. Comme dit précédemment ce n’est pas tant le terme mais l’état et le fait de l’atteindre qui est important. Ainsi, «tué» et sans avoir atteint un état supérieur, Balder doit résider en Hel jusqu’à la victoire finale sur l’illusion et de ses forces lors du Ragnarok (la réalisation de cet état supérieur). Une fois cela accompli, Balder retourne dans la splendeur. Hother lui aussi recouvre la vue (ce qui signifie que l’aveuglement de l’illusion a disparu, que son voile s’est levé). Mais tant que l’illusion n’est pas vaincue cela ne peut pas être réalisé et donc Balder doit rester au royaume de Hel, ou lié au cycle des incarnations. En tant que symbole de nous, de l’humanité, cela nous enseigne le potentiel de la compréhension et l’expérience du divin en nous, de la réalisation de soi en quelque sorte. Mais jusqu’à ce que l’illusion, Loki, soit vaincu, cela ne peut être atteint. Avant cela, nous sommes incapables d’habiter dans le royaume de la sagesse et de la réalité ultime. Nous sommes incapables d’atteindre la Conscience Odin, qui est notre destin.
Comme nous commençons à aborder la fin de cet article, je pense qu’il serait bénéfique de dissiper deux autres questions qui créent quelques confusions autour de la figure de Loki. Une étant le résultat de l’insinuation dans le cycle de mythe de la «propagande noire» mentionné plus tôt, l’avilissement des divinités de notre folk. L’autre étant une erreur commise par certains qui ont regardé notre mythe avec les yeux de celui qui le voit comme quelque chose de mort à disséquer et à appréhender d’une manière purement académique et non comme une inspiration expérimentée et comme un lien direct vers la sagesse qui réside dans notre être en attente de sa redécouverte.
Je traiterai d’abord de la tentative de rabaisser nos divinités. Il y en a qui déclare que Loki est le frère de sang d’Odin et que donc on doit lui donner respect. Ceux qui présentent ceci sont généralement ceux qui ont une vue très littéraliste des mythes et sont axés sur « l’écrit » de la «tradition» plutôt que sur l’esprit de la tradition. Il y a une grande différence dans ces approches de la «tradition». La première étant statique et figée dans une période du passé, et donc de peu de valeur aujourd’hui en dehors d’un intérêt historique. La deuxième étant concernée par le savoir transcendant contenu par certains mythes (pas tous) du lore. Comme ce point de vue littéraliste n’est pas vraiment d’une profondeur essentielle, rappelez-vous ceci: « la Mythologie n’est pas littérale mais une expression symbolique d’une vérité primordiale à plusieurs niveaux et un chemin d’accès vers une conscience supérieure et une sagesse expérimentée ». La raison principale pour inclure cette allégation est qu’elle peut bénéficier à ceux qui sont intéressés à comprendre l’Odinisme en tant que foi ancestrale vivante de notre peuple, et ceux qui deviennent consciemment éveillés à elle. Je dis consciemment éveillé parce qu’en réalité le « soi » essentiel des personnes Indo-Européennes du nord ont déjà cette prise de conscience dans leur être, bien que leur « conscience de tous les jours » ne puisse pas encore y avoir accès. De cette façon, il fournit un chemin direct pour ceux qui commencent à le suivre plutôt que de perdre du temps et de l’énergie sans dévier sur de faux chemins.
Cette allégation à propos d’Odin et de Loki étant frère de sang ne se retrouve que dans un seul mythe : la Lokasenna. Si cette affirmation était vraie, alors son importance serait telle qu’elle devrait apparaître dans de nombreux autres mythes, mais il ne se trouve que dans la Lokasenna. Cela n’est pas non plus indiqué dans la liste étendue des noms sous lesquels Odin peut être connu. Il n’est tout simplement pas logique de croire qu’une chose d’une telle importance n’aurait pas eu droit à une allusion dans l’un des nombreux noms donnés à Odin. Beaucoup d’entre ces noms se rapportent à des aspects beaucoup plus obscurs d’Odin et de ses attributs. Nous pouvons donc être sûr que s’il était en effet le frère de sang à Loki, alors il y aurait au moins un nom qui correspondrait à cela, et comme dit plus haut, il y aurait des références à de tels faits dans d’autres mythes.
Le fait que la Lokasenna ne faisait même pas partie du cycle de mythe originel a été démontré par divers universitaires et chercheurs, tels que H.R. Ellis Davidson. Ces universitaires ont découvert que la Lokasenna était une addition très tardive et donc plutôt un « conte » qu’un mythe. Nous savons qu’elle a été produite à une époque où la croyance dans les dieux était, au mieux, fragile et ambiguë. Une époque où le judéo-christianisme était une pente ascendante féroce et son influence destructrice et sa pratique s’étaient généralisées. La sagesse ancienne de notre peuple, symboliquement contenue dans les mythes, n’était plus vraiment comprise et les propagandistes de la religion venant du Moyen-Orient étaient en plein essor. Et leur propagande, aussi bien écrite que parlée, était entièrement soutenue par la «police de la pensée» et les « hommes de main » qui déclenchaient un châtiment brutal sur tous ceux qui osaient résister à l’invasion. Tout cela, soutenu et parrainé par un « état » corrompu mais puissant. Comme mentionné précédemment, tout «scalde» qui voulait voir avancer sa carrière, ou même simplement rester en vie, n’aurait très certainement pas oser présenter la sagesse odinique ou les divinités autochtones autrement que comme des caractères faibles et profondément imparfaits.
La religion naturelle organique de notre peuple (aujourd’hui appelée Odinisme) a été dénigrée, les énergies et les personnages sacrés et divins ont été moqués, dépouillés de leur divinité et présentés comme des personnages superficiels, vénaux et ont souvent été supposés être d’origine mondaine. La Lokasenna est le travail où cette inversion, ce renversement de la vérité est le plus ouvertement explicite. Il est regrettable que certains n’aient pas compris qu’il ne faisait pas partie du véritable cycle mythologique et ont donc essentiellement perdu beaucoup de temps en se penchant sur ses possibles significations, alors qu’en réalité il n’en existe pas qui puissent être considérées comme étant une partie de l’Odinisme. Il fut et il demeure, pour certains, une route parallèle remplie d’épines qui les éloigne du chemin lumineux vers Asgard.
Il est compréhensible que certains se soient égarés sur ce chemin car une grande partie de notre mythologie semble avoir été détruite ou cachée. C’est donc pour ces personnes souvent un “cas désespéré” qui semble être relié à notre religion. Mais à présent que nous approfondissons notre voie, il est important que ce mythe supposé (et j’utilise ce terme nominalement) soit considéré comme étant un exemple de propagande malveillante écrit en tant que divertissement avec l’intention de dénigrer et de masquer la profonde sagesse de nos ancêtres et les divinités sacrées de notre Folk. Nous pouvons voir aujourd’hui combien de films populistes «Hollywoodiens» présentent leur propagande comme un divertissement, sans égard aucun pour la vérité réelle. Ils ont un agenda et ce soi-disant mythe a également eu un agenda négatif.
Et nous voyons donc clairement que la Lokasenna a comme objectif de se moquer et de présenter les divinités de la religion indigène comme indigne de respect, de confiance, d’amour etc. En présentant Odin, le chef des dieux, comme le frère de sang d’une énergie négative, ils l’ont non seulement vilipendé mais ils ont également sapé la dévotion et la confiance que les gens avaient envers lui à cette époque. Nos ancêtres prenaient très au sérieux la fraternité de sang. Ceci indique que même s’ils avaient oublié le véritable sens du mystère du sang, ils le tenaient encore en haute estime. C’était un lien spécial, un lien sacré si vous voulez, donc si Odin partageait des liens avec un être ou une énergie totalement abjecte, cela laisserait entendre que lui aussi est vil. Quelle ingénieuse pièce de propagande. Mais pour ceux qui veulent encore s’accrocher à cette notion, qu’ils le voient au moins comme encore un autre exemple de la nature insidieuse et omniprésente de l’illusion qui s’apparente à Fenrir, ou plus précisément pourquoi Fenrir n’a pas été détruit avant qu’il ne grandisse et ne devienne dangereux et qu’il a plutôt été emmené à Asgard. Cela démontre que l’énergie de l’illusion est constamment avec nous, même lorsque nous essayons consciemment et diligemment d’atteindre un avancement spirituel. C’est une menace constante jusqu’à ce qu’elle soit finalement neutralisée par notre Ragnarok lorsque nous avancerons alors vers un niveau supérieur et que nous expérimenterons notre Ragnarok.
Le dernier élément que je vais détailler dans cet article concerne le mythe odinique de la création et de l’erreur que font quelques-uns en plaçant Loki dans ce mythe.
Notre mythe de la création, la création de nos premiers ancêtres mythiques est racontée dans le Voluspa:
« Jusqu’à ce que trois Ases
Sortirent de la troupe,
Puissants et bienveillants:
Revenant à la maison.
Trouvèrent sur le sol,
De peu de force doués
Ask et Embla
Privés de destinée.
Ils n’avaient pas d’esprit,
Ils n’avaient pas de sens,
De sang ni de son
Ni de saines couleurs;
Odin donna l’esprit,
Hoenir donna le sens,
Lódur donna le sang
Et les saines couleurs. »
Naturellement comme tous les mythes, le mythe de la création en lui-même est un sujet d’étude, mais dans le but de cet article nous nous concentrerons uniquement sur la dissipation d’une idée fausse qui surgit parfois et qui voudrait que Loki ait joué un rôle dans ce mythe.
Certains auteurs universitaires, tel que H.A. Bellows, ont théorisé que le mystérieux Lodur était en fait Loki sous un nom différent. Cette théorie, tout en pouvant être académiquement ingénieuse, jaillie bien sûr d’un esprit qui traite la sagesse vivante de notre foi ancestrale comme quelque chose d’à présent inerte et qui doit être observée dans l’isolement de la conscience expérimentée, et elle est fausse.
Lodur, à chaque fois qu’il est mentionné dans les mythes est toujours décrit comme un être positif et bienveillant. Ses dons au premier homme et à la première femme du mythe sont la « chaleur » (le sang) et « les saines couleurs ». Lodur est un Dieu du Feu par certains aspects et son nom peut être relié à l’allemand « Lodern » qui signifie « flamber, embraser » comme l’a remarqué Jacob Grimm parmi d’autres. Loki a également un aspect de feu à un certain niveau et cela a pu mener à certaines confusions entre les deux. Le Skaldsdkaparmal a renforcé cette confusion quand il a changé le trio des Dieux Créateurs d’Odin, Hoenir et Lodur en Odin, Hoenir et Loki. Dans certains vers skaldiques, Loki est nommé l’ « ami loyal d’Hoenir », mais ces écrits sont tardifs et ils ne sont pas issus des temps anciens de la compréhension. Il est bien sûr absolument ridicule d’attribuer les qualités de toute évidence bénéfiques de Lodur à Loki. Bien que les deux soient, à un certain niveau, des êtres de feu, il est important de se rappeler que Lodur est un dieu du feu bénéfique alors que Loki est une force de destruction, un feu pernicieux. Loki n’est en aucune façon un ami des Dieux, et encore moins « un ami fidèle ». Dès son origine, il travaille à détruire les dieux et les hommes. Les dons de Lodur sont bien sûr tout à fait positifs, mais Loki, en tant qu’illusion qui est l’ignorance et de qui découle finalement tous les méfaits (et le retard pour atteindre une conscience plus aiguë et le fait de se promener dans le brouillard de l’illusion est un mal) ne donne que de la négativité. Il est inconcevable que les mythes d’origine, qui remontent aux plus anciens temps Indo-européens, puissent attribuer à une entité / figure symbolique aussi négative, un rôle dans la manifestation en Midgard de l’énergie sacrée des grands dieux. Aucun “don” que l’illusion / Loki apporte n’est véritablement bien intentionné, le don étant lui-même conçu à partir de l’illusion. Loki, la « honte vivante de tout le monde» n’est pas une divinité bienveillante, pas plus qu’il n’est un farceur jovial qui serait parfois allé un peu trop loin comme certains l’ont théorisé à tort. Loki ne doit pas être assimilé au Trickster que les Indiens d’Amérique ont dans leur folklore, comme certains tentent de le faire. Il ne doit non plus pas être vu comme une contrepartie nordique du « diable » judéo-chrétien. Comme démontré, Loki est à ce niveau du mythe l’illusion, comparable à la Maya.
Toutefois, comme à la fois Lodur et Loki ont un aspect de feu à un certain niveau et probablement en raison de la similitude des noms, sur une grande période de temps de l’origine de nos mythes dans la préhistoire, et avec la perte subséquente des significations plus profondes et prise de conscience de l’essence de notre mythe, il est compréhensible que cette confusion soit apparue. Ces deux figures ont ainsi été considérées à tort comme étant un seul et même être/énergie. En fait Lodur et Loki sont “adversaires”, l’un représentant le feu bénéfique de l’illumination et la chaleur, l’autre personnifiant les aspects destructeurs du feu. Souvenez-vous également qu’Heimdall a l’aspect d’un dieu du feu bénéfique et qu’il est à travers les mythes un ennemi implacable de Loki. Lors du Ragnarok, ils se rencontrent au combat et se « tuent » l’un l’autre. Heimdall est aussi profondément impliqué dans notre création sous le déguisement de Rig, le créateur de l’ordre social, l’enseignant des runes (mystères) et ainsi de suite. Nous disons très régulièrement « Rassemblez-vous enfants d’Heimdall » lors du « Dit » durant nos blot où lorsque nous cherchons à donner un conseil. Les similarités entre Lodu et Heimdall sont clairement importantes et c’est en fait Heimdall et non Loki qui est le même âtre divin que Lodur. Depuis notre origine nous sommes une expression du divin, d’êtres supérieurs, notre « soi » essentiel n’a pas d’illusion. En vainquant cette énergie, nous comprendrons à nouveau notre « être essentiel » et la véritable nature de la création.
Pour terminer, j’espère que vous aurez trouvé cela intéressant, mais plus important encore, bénéfique. Comme je l’ai dit au début, ce n’est pas un travail académique, ni une hypothèse, mais un travail basé sur l’expérience odinique. Puissiez-vous tous, quelle que soit la façon dont vous percevez la religion, expérimenter la joie divine du multivers.
Bien qu’autour de nous, au niveau de la réalité de Midgard, la tempête de l’illusion fasse rage et que l’impulsion d’un être noble semble noyé sous les impulsions négatives ignorantes de cet âge, bien que les Jotuns et les bêtes semblent à présent dominer, avec le temps et quel que soit le temps que cela puisse prendre et le nombres d’incarnations nécessaires, l’illusion sera dissoute. Et même aujourd’hui, dans cette période de la vision embuée, alors que le voile de l’illusion semble envelopper le monde, en chacun de nous, notre essence réside tous dans l’Age d’Or, et c’est vers cela que nous pouvons voyager.
Sig Wunjo, Wunjo Sig !
Om Omi Odin Om !
Heimgest DCG
Quelques références :
« Odinist Mythology for the 21st Century » – Circle of Ostara
Défendre l’Archétype – Eowyn OR
Odinic Rite Briefing – Différents Numéros
Nos : Book of the Resurection – Miguel Serrano
Kaivala Darsanam – Sri Yukteswar
Faust – Goethe
Teutonic Mythology – Viktor Rydberg
Dracula – Bram Stoker
Rig Veda
Category: OR ET ODINISME



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