Yggdrasil – Interconnexions et Dépendance

| May 13, 2013 | 0 Comments
Yggdrasil – Interconnexions et Dépendance
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Par Ulfethnar Odinsen

L’arbre est un motif commun dans notre mythologie sacrée ainsi que dans celle des diverses cultures à travers le monde. Pourtant, il ne semble nulle part avoir laissé une telle marque indélébile que dans les cultures du Nord de l’Europe. Du puissant frêne Yggdrasil passant par à nos aïeuls Askr et Embla, le frêne et l’orme. On nous parle de la façon dont les racines d’Yggdrasil se trouvent dans les trois puits de la mémoire ancestrale et sont recouvertes quotidiennement par la boue curative de la source d’Urd. Les deux autres puits étant bien sûr celui de Mimir et celui de Hvergelmir. Les racines d’Yggdrasil servent également de sanctuaire protecteur à Lif and Lifthrasir durant le redoutable Ragnarok, les protégeant des flammes consumant tout de Surt ! Ces mêmes racines qui sont constamment rongées par le serpent Nidhogg alors que les branches et le tronc sont également rongés par la chèvre Heidrun et le cerf Eikthyrnir.

Notre connexion à l’arbre des âges passés ne nous a jamais quittés et ce, en dépit des tentatives des fanatiques chrétiens et de centaines d’années d’endoctrinement étranger. L’héritage de nos ancêtres n’a pas encore été effacé et leur sagesse n’a pas perdu sa vitalité ou sa pertinence dans l’ère moderne. L’héritage est toujours là, attendant d’être totalement révélé à nouveau. Il est plus qu’un symbole. C’est une rune en soi, un mystère à déchiffrer. Que ce soit les Kenning poétiques ou les allégories sacrées, il sert à être exploré et à voir ses secrets redécouverts. L’existence de notre folk peut très bien dépendre de notre volonté à le faire. Du fait de nous reconnecter une fois de plus à cette source vivifiante et de cesser d’être une branche dépérissant lentement vers le néant.

C’est avec une profonde vénération et un grand respect que je considère les nombreux niveaux et les exemples les plus clairement définis par l’arbre du monde, ainsi que le reflet de ce qui réside en chacun d’entre nous. Il y a le tronc, qui soutient les branches individuelles, recevant les éléments nutritifs par l’intermédiaire des racines. Elles tirent elles-mêmes du puits les essences donnant la vie ou détruisant les actes de Midgard. Le long des branches se trouvent les nœuds et les feuilles vertes, les nœuds grandissant en de nouvelles branches tandis que les feuilles se prélassent sous l’étreinte du soleil. Finalement, comme les générations nées en Midgard, elles perdent leur couleur vibrante et tombent avant de repousser. Comme pour tout écosystème, la santé de chacun de ses différents éléments est aussi importante que l’ensemble, car son état de santé général dépend de l’état de santé de chacune de ses parts. Nous sommes à la fois comme les nœuds et les feuilles. Si nous suivons nos inclinations naturelles, nous nous élevons, nous sommes revitalisés et inspirés, et ainsi nous sommes « verts » et en bonne santé. Nous passons cette vitalité aux nœuds qui continueront à grandir et à s’étendre dans de nouvelles directions, créant de l’espace pour de nouvelles feuilles. Nous puisons la force de vie et l’inspiration depuis les racines jusque dans nos branches, par l’intermédiaire du tronc, mais aussi depuis les hauteurs que nous nous efforçons constamment d’atteindre dans notre quête incessante. Une séparation de l’un ou de l’autre serait désastreuse pour les deux.

Nous sommes comme ces feuilles dans le sens que si nous ne suivons pas notre fonction naturelle, les nœuds ne reçoivent pas les nutriments nécessaires à la croissance et ainsi aucune nouvelle branche n’est créée. L’arbre cesse de croître, stagne et finalement il s’affaiblit et meurt. Il s’agit d’un réseau dépendant de la somme de toutes ses parties. Seul un arbre malade expérimente ce processus. Les feuilles qui tombent sont malades et de ce fait elles empoisonnent la source et le sol. Il en va de même pour nous en tant que peuple, nous sommes en bonne santé et en pleine vitalité aussi longtemps que nous suivons notre fonction naturelle. Par ce même procédé, nous assurons la santé et la survie des générations suivantes à travers les fondations que nous laissons derrière nous.

Jung a largement parlé de l’idée de synchronicité, les relations entre toutes les actions et les événements ultérieurs. C’est un peu comme le concept du «papillon qui bat des ailes ici, aujourd’hui et qui provoquera demain un effondrement de bâtiment en Chine », tous nos choix ont des conséquences importantes qui vont au-delà de notre compréhension. L’idée que les choix de nos premiers ancêtres se font encore sentir aujourd’hui est quelque chose que beaucoup auront du mal à avaler, mais pourtant comme des dominos, leurs actions et leurs choix ont déclenché une chaîne d’événements qui n’est pas encore terminée. Les réverbérations à travers la toile peuvent être difficiles à discerner, mais plus nous regardons fortement plus elles deviennent claires. De même, lorsque nous essayons de nous considérer comme séparés du tout, non seulement nous nous faisons des illusions, mais en plus nous mettons la santé et l’existence de l’ensemble en péril. En tant que partie de ce tout, nous supportons certaines responsabilités envers sa continuité et sa santé pour que nos lignées / branches assurent des racines saines et des générations de nouvelles et dynamiques feuilles ainsi que pour, bien sûr, nourrir les nœuds des nouvelles branches.

Un signe d’un arbre/d’une lignée malade peut être clairement vu aujourd’hui dans la colonie autrefois saine et dynamique en Afrique du Sud. Nous nous sommes attaqués à nous-mêmes en faveur de la vigne rampante et des arbustes étouffants, coupant ainsi la vie à un nœud /une colonie. Nous n’avons pas réussi à identifier et à supporter les nôtres et nous avons entravé la croissance de notre arbre. Il nous est raconté dans les Eddas la façon dont les racines d’Yggdrasil sont constamment rongées par Nidhogg et aussi que ses rameaux sont attaqués par le cerf et la chèvre. Des indications claires que même sans nos propres trahisons, nous sommes dans une lutte à mort dans son tout. La survie du plus fort signifie simplement cela. Nous ne pouvons pas nous permettre de tomber en proie à l’ingénierie sociale quand cela n’est qu’au détriment de notre survie. Chaque fois que nous adoptons une ligne de conduite, que nous faisons un choix, cela doit être fait après un examen complet de son effet potentiel sur le tout. Est-ce que nos actions et nos choix affaiblissent le tout ou le renforcent? Assurons-nous notre santé et notre vitalité ou devenons-nous malades? Cela devrait être nos considérations sinon nous deviendrons les proies de notre égo et nous cesserons d’être.

Si ceux qui sont venus avant nous avaient négligé leurs inclinations naturelles en faveur des efforts purement égoïstes, nous n’aurions pas de raison de les vénérer. Il est très probable que nous aurions cessé d’être ou que nous serions tombés si bas que nous n’aurions ressenti que du mépris pour eux. Fort heureusement ils ne furent ni égoïstes ni irréfléchis. Il en est de notre responsabilité de nous assurer que cela ne s’arrête pas avec nous. Nous ne devons pas aveuglément rompre nos branches pour y greffer dessus de la mauvaise herbe, délivrant ainsi un coup fatal aussi grave que n’importe quel coup de hache émanant d’un bûcheron. Nous devons nous assurer que nous ne cessons pas de tirer la vie de cet arbre du folk, le condamnant à une mort lente, en ignorant la santé de nos racines et du réservoir de la connaissance du folk qui y sont contenus. Les résultats catastrophiques que nous avons déjà observés à plusieurs reprises à travers les âges et qui sont tout à fait clairs aujourd’hui. La réalité est que lorsque nous nous séparons de notre folk, choisissant plutôt de nous aligner avec un autre, nous commettons tout autant un meurtre qu’un suicide! Nous refusons la vie à la descendance potentielle de ces branches. Nous choisissons en réalité la mort, non seulement pour nous, mais également pour ceux qui dépendent de nous pour la vie. Qui choisirait cette ligne de conduite volontairement? Aucune créature raisonnable douée d’un instinct de survie ou d’un sens de soi ne suivrait un tel symptôme évident de folie et de lavage de cerveau. Tout arbre dont l’ensemble des parties refuserait de faire leur devoir en préférant un autre, finirait après peu de temps à flétrir et à mourir. Est-ce qu’Yggdrasil serait devenu un tel arbre ? Aurions-nous oublié pourquoi l’arbre de la vie est là? De notre interconnexion et de notre interdépendance sur les décisions bénéfiques et responsables de l’ensemble de nos branches, des feuilles individuelles et des nœuds?

Chacun d’entre nous qui cherche, peut voir que notre arbre est parmi nous depuis d’innombrables siècles. Que ses branches ont vécu, prospéré et se sont étendues sur la grande étendue de Mère Jorth. Que ses branches aussi se sont flétries et sont mortes dans des terres réclamées depuis longtemps par les marées et les hordes étrangères, par l’indifférence et la négligence, ainsi que par des choix égoïstes et irréfléchis. Il a rarement été à la merci des Nornes. Les traces de notre arbre peuvent être observées aux quatre coins du monde. Dans les légendes de chaque culture, sur tous les continents, des histoires abondent à propos d’anciens « aviateurs », de marins et de constructeurs de monuments qui mystifient le monde. Un arbre qui était autrefois noble et luxuriant. Même s’il est encore assez impressionnant, il est une ombre de son ancienne gloire. Nombreuses sont ses branches qui se sont perdues dans les sables mouvants, les marées montantes, la guerre, la famine; d’autres à travers le métissage ainsi que par quelque chose d’encore plus insidieux. Un plan volontariste d’ingénierie sociale par les ennemis du frêne sacré. Les mauvaises herbes et les arbustes qui cherchent à renverser le grand arbre. L’envie et la jalousie mesquine cherchant à prendre sa place. Ce qui ne pouvait être accompli naturellement l’a été fait par des moyens artificiels. Telle est la description donnée dans les Eddas. Cela a toujours été ainsi et c’est seulement par la santé des eaux à l’intérieur du puits que la destruction a été interrompue et la vitalité de l’arbre soutenue. Notre incapacité à assurer sa santé est ce qui nous a amené à ce point où notre propre survie est devenue plus qu’incertaine. Penser que nous pouvons continuer à faire semblant de prétendre le contraire est pure folie. Nous ne faisons que nous plonger dans l’illusion. Nous ne pouvons pas continuer à faire semblant que nous ne sommes pas redevables à ceux qui sont venus avant nous, ni que nous n’avons aucune responsabilité envers ceux qui doivent venir après nous.

Il est de notre responsabilité de voir qu’ils auront leur tout et qu’il soit en pleine santé et vitalité. Nous sommes une partie et nous sommes reliés à quelque chose de plus grand que nous, sans lequel nous ne sommes rien, sans avenir, sans identité. Quand nous nous en séparons nous cessons d’être soutenu.

Havamal 50 :

Dépérit le jeune pin
Qui se dresse en lieu sans abri :
Ne l’abritent écorce ni aiguilles ;
Ainsi l’homme
Que n’aime personne :
Pourquoi vivrait-il longtemps ?

Tout comme le Dr Frankenstein qui donna peu de pensée réelle à la créature qu’il a créée, sa fin fut tragique, il fut haï. La seule question que la créature posa fut, « pourquoi m’as-tu créé, pourquoi as-tu crée un monstre? » Nous vénérons nos ancêtres, par le simple fait qu’ils pensaient à nous, bien avant que nous ayons été créés. Ils étaient un peuple noble.

Nous sommes la preuve évidente de cette croyance. Il est également vrai que les hybrides créés par les greffes à partir de mauvaises herbes ou d’arbustes deviendront des concurrents et des antagonistes de l’arbre du folk. Ceux qui sont plus consciencieux de leur progéniture seront la cible d’attaques brutales par les hybrides qui tenteront de les éradiquer. Quand nous montrons un manque de fidélité, nous montrons un manque de considération en ce qui concerne nous-mêmes et tout ce qui est vraiment sacré. Il est également vrai que nous trouvons refuge et réconfort lorsque nous nous retirons dans les racines du grand arbre. C’est un retour symbolique aux traditions face à la crise, semblable à Lif et Lifthrasir cherchant un abri contre le feu dévorant de Surt. Grâce à ce retour à nos racines, nous nous protégerons des flammes et nous surmonterons son potentiel de destruction en nous isolant nous-mêmes contre la violence, la toxicomanie, etc. Un retour à nos origines primitives!

L’arbre est le symbole même de l’homme et les neuf mondes, les différents états de l’être: spirituel, matérialiste, agressif, stagnante etc. Muspellheim (agressif, actif, passionné, motivé), Niflheim (froid, stagnant, cohérent et ferme). L’arbre complet représente l’équilibre total. Il ne s’agit pas d’éliminer « un monde » en particulier mais de les amener à l’harmonie. Chacun sert un objectif défini, en éliminer un conduit au déséquilibre. Un déséquilibre conduit à la disharmonie et à la maladie dont on ne peut se permettre de souffrir. Une plus grande conscience assure notre santé et notre vitalité et en fin de compte notre survie à travers des instincts sains.

Nous pouvons en apprendre beaucoup sur nos traditions à partir d’une enquête sur le grand arbre. C’est pendu au Grand Frêne qu’Odin a cherché les mystères du multivers et s’est développé. Nous, en tant qu’Odinistes pouvons de la même manière imiter Odin et élargir notre conscience, retourner à nos racines et comme Lif et Lifhtransir, nous assurer que les eaux du puits d’Urd soient claires et pleines de vie. Nous ne pouvons faire cela si nous refusons d’accepter notre dépendance par rapport à l’arbre et à tous les autres et si nous continuons à nous couper par des efforts égoïstes, oblitérant pour toujours le chemin du retour vers nos origines. Nous devons bien plus que cela à nos ancêtres et à nos descendants.

Hael Yggdrasil ! Hael à l’Odinic Rite ! Hael au Blod Tru hearth !

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Category: LORE ET RITUEL

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