5e et Main Se 1 Ep 1 – Le pilote

| May 15, 2015 | 0 Comments

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Par Tim OR

Partie un – La Marche

En ce début de soirée, Grimnir appréciait la marche d’une quinzaine de blocs qui séparait la Dr. Mitchell High School, où il enseignait la science et les mathématiques, de son appartement.

Cela lui donnait le temps de se détendre et d’organiser ses pensées. Il avait des papiers à évaluer et le blot de Sigurd à préparer. L’enseignement était un bon travail dans le sens où il avait congé tout l’été, mais un mauvais travail dans le sens où il passait beaucoup plus de temps qu’il ne devrait à travailler après ses cours. Surtout quand il voulait passer du temps à faire ce qu’il aimait le plus — être un Gothi.

Le téléphone dans sa poche se mit à vibrer, indiquant qu’il avait reçu un message.

John Kieger, le gardien du Hearth, était à la recherche d’une confirmation que le blot de Sigurd se tiendrait à leur Hof. Il semblait que le temps ne serait pas assez clément pour la tenue du blot en extérieur. Une des principales responsabilités de John était de veiller à ce que les membres du Hearth soient au courant des événements et des activités auxquels ils étaient susceptibles de se joindre.

Il accomplissait principalement cela par le biais de la page life book du Hearth. Le moins que l’on puisse dire c’est que John était un grand utilisateur de life book. Grimnir n’avait pas de compte life book et ne voyait pas vraiment l’intérêt des médias sociaux, mais John était bon pour rencontrer des Odinistes locaux, garder le contact avec les hearths régionaux et organiser des activités avec les membres du hearth. Le seul inconvénient était que John semblait être constamment dérangé par les choses que les gens postaient.

Ses échanges de SMS terminés, Grimnir arriva finalement à la librairie. Il avait un studio au-dessus de la boutique. Il n’y avait rien de spécial, mais la Cour des Gothar le lui avait mis à disposition dans le cadre de sa position dans le hearth il y a deux ans.

«Salut Martha» dit Grimnir en passant la porte.
«Bonsoir Grimnir» répondit-elle de sa voix âgée.

Martha Tugs était une vétérinaire à la retraite, elle était veuve et elle vivait bien sur sa pension. Elle passait ainsi beaucoup de temps à s’occuper de la librairie du hearth. Les enfants de Martha avaient souvent voulu qu’elle aille dans une maison de vieillesse. Ils pensaient qu’elle ne devait plus travailler à son âge. Ils ignoraient que le fait d’aider le hearth, même dans une faible mesure lui donnait un but. La vie peut vraiment devenir solitaire et ennuyeuse quand vous n’avez rien à faire. Cela semblait être un des problèmes de la société moderne pour Martha, plus vous devenez vieux moins la société n’a de place pour vous. Les gens sont devenus si autoabsorbés qu’ils voient les personnes âgées comme un fardeau et non comme une aubaine. Une fois arrivé à un certain âge, on doit aller dans une maison de retraite — ce qui pour Martha semble être un code pour une prison pour personnes âgées et elle ne voulait pas en entendre parler.

Le bâtiment était de bonne taille, mais la librairie était un espace relativement petit en comparaison de la place totale disponible. Le bâtiment était ce que l’on pourrait appeler un centre de gravité pour le hearth. Un lieu de rencontre dans la communauté d’Odin, un lieu où écouter des conférenciers invités, un lieu où passer du temps avec des amis, ou suivre un entrainement Fyrd. Pour beaucoup de membres du hearth, c’était une maison loin de la maison.

«Ta part hebdomadaire est arrivée»
«Quel numéro est-ce?» demanda Grimnir.

Stone Hearth possédait une petite ferme biologique à l’ouest de la ville. Il y a des années, ils avaient commencé un programme d’agriculture soutenue par la communauté avec cinq hearths de la région. Markhof Hearth mettait en commun son argent une fois par an et chaque semaine, les membres recevaient leur part du produit de la ferme. Ils recevaient un mélange de lait, de fromage, de beurre, de yaourt, de fromage blanc, de céréales, de bœuf, de poulet, de porc, de poisson, d’œufs, de fruits et de légumes. Le lait était livré en bocaux de verre ainsi que certains des produits en conserve. Les gens devaient faire en sorte de retourner les bocaux pour être réutilisés. Cela était non seulement bon pour l’environnement, mais cela permettait également de garder attractif le coût du programme. Au cœur de l’hiver, une grande partie des produits étaient surgelés ou en conserve, mais c’était des produits bios et sans OGM. Cela représentait un moyen de garantir une source de nourriture saine à faible coût, à la fois par la suppression de tous les intermédiaires et en utilisant le pouvoir d’achat collectif des membres du hearth. Les membres qui pouvaient se permettre de payer plus payaient plus et les membres avec de plus grandes familles obtenaient plus de produits. C’était une des tâches dont le gardien du hearth devait s’occuper. John Krieger prenait son travail au sérieux et il vivait selon la devise du hearth «si nous ne nous aidons pas les uns les autres, personne ne le fera.»

«Numéro 8»
«Merci Martha.»

Grimnir ramassa sa boîte de produits d’épicerie et se mit à marcher vers la porte arrière de la librairie. Sur le côté droit du couloir se trouvait la porte de la Guilde du Fyrd, vers la gauche leur Hof et droit devant les escaliers qui menaient à son studio.

Il stoppa près de la porte de la Guilde du Fyrd et l’ouvrit doucement, car la pièce était étrangement calme et Grimnir ne voulait pas déranger ce qu’il pensait qu’il s’y passait. Son intuition était juste, Tony Schmitt administrait le rite d’initiation à deux nouveaux membres.

Un des gars était plutôt jeune, peut-être douze ou treize ans, et l’autre gars semblait avoir dans la vingtaine.

«Tendez votre bras droit et tendez vos trois doigts comme ça».

Avec sa main gauche, il serrait la main du premier gars. Puis Tony dit d’une voix ferme: «Maintenant, répétez après moi.» Grimnir regarda autour de lui, mais il ne vit pas Gary Burger, le Garman du hearth. Ce devait être pour cela que Tony administrait l’initiation. Tony était récemment devenu un membre à part entière de la Guilde du Fyrd et c’était donc bien de le voir prendre le lead avec les nouveaux membres. Généralement, les nouvelles personnes venaient pour une semaine ou deux et pratiquaient avec l’équipe. Si elles démontraient du cran, elles étaient autorisées à se joindre au Fyrd. Sinon, elles n’ étaient pas autorisées à revenir. Une équipe fyrd n’est pas un hobby ou un gymnase commercial. C’est un endroit ou construire son caractère et si vous manquez de caractère, ce n’est pas un endroit pour vous.

Grimnir avait toujours aimé ces événements, car c’était un moyen de lier les membres de la guilde ensemble. Lorsque les initiés obtenaient leurs épées en bois et leurs t-shirts, cela marquait un nouveau départ dans leur vie. Un début qui une fois complété leur accorderait une adhésion à part entière et une véritable épée. Durant leur période de formation, ils apprendraient des compétences qui leur seraient utiles pour toute la vie. Ce système fonctionnait bien et le fyrd produisait certains des meilleurs artistes martiaux mixtes d’Amérique. C’était à la fois un club guerrier et un club d’aventure. Grimnir avait souvent entendu des enseignants de la Dr. Mitchell High School dire que le système éducatif américain ne préparait pas suffisamment les enfants pour les épreuves de la vie. Ils ne recevaient pas les compétences pratiques nécessaires pour imposer le respect et obtenir réellement un travail. Grimnir hochait la tête et riait en lui-même. Il savait depuis des années que le gouvernement et les programmes gouvernementaux ne seraient jamais capables de régler tous les problèmes pour tous. Les gens devaient s’organiser d’une façon qui leur était bénéfique.

Grimnir voulait trainer et voir les étudiants en actions, mais il avait des papiers à évaluer et un blot à préparer.

Partie 2 – Le Rapport

«Trent, qu’est-ce que c’est que ces conneries?»

Trent Hobson regarda son patron en se demandant ce qu’il voulait dire. Trent se contentait de rapporter les faits. Après tout, c’est ce que ces rapports étaient censés être. À quoi cela servirait-il de remplir un rapport s’il n’était pas vrai?

«Tu as passé 5 mois à infiltrer ce groupe et le mieux que tu nous ramènes pour le moment c’est que dalle.»

Trent faisait partie de l’agence depuis la fin de son université et il en était membre depuis assez longtemps pour avoir deux ex-femmes et un fils adolescent qui ne lui parlait plus. Il pensait toutefois que les sacrifices qu’il avait faits étaient pour le plus grand bien. Pour garder l’Amérique sûre. Il avait fait du travail d’infiltration durant la plus grande partie de sa carrière. Et il était bon après toutes ces années, il pouvait aisément s’approprier un personnage et le quitter aussi facilement. Il était donc taillé pour ce travail. Il avait passé sa vie à infiltrer des groupes haineux, des communistes, des trafiquants de drogue, des cercles de prostitution, des trafiquants d’armes, etc.

«Tout le monde est coupable de quelque chose, tu dois juste trouver de quoi. Nous avons de très bonnes informations selon lesquelles ces gars-là sont une façade pour le terrorisme.»

Trent savait ce que cela signifiait. Beaucoup de nouveaux agents et d’agents qui ne vivent pas selon un code moral mentaient et piégeaient les gens en montant un faux dossier. Trent n’était pas ce genre d’agent. Il croyait en l’application de la loi et non pas aux poursuites sélectives.

L’agence avait comme politique d’avoir un agent dans chaque groupe en Amérique. La plupart des agents pensaient qu’ils devaient surveiller les groupes pour éviter d’éventuelles activités illégales, d’autres pensaient surveiller les activités non américaines et très peu d’agents savaient ce qui se passait vraiment. Il était question de contrôle, d’influence et que les groupes restent concentrés vers l’intérieur ou soient en conflit constant avec des ennemis réels ou imaginaires. De cette façon, ils ne se concentraient pas sur ce que faisait le gouvernement.

En essayant d’avoir un agent dans chaque organisation, l’Agence était devenue une opération massive et une bureaucratie énorme. Personne ne savait vraiment quelle portée ou quel effet cela avait sur la psyché américaine. En raison de sa taille massive au cours des dernières années, la qualité des agents baissait. Comme dans toute organisation de ces proportions il y avait de la corruption. De plus en plus fréquemment des agents étaient utilisés pour cibler des ex-femmes, des ex-copines, pour trouver des conseils boursiers lucratifs, pour aider les intérêts des entreprises et pour poursuivre les ennemis politiques. Trent avait remarqué la tendance. L’Agence fonctionnait ainsi : si vous émettiez des critiques, ceci avait des conséquences sur votre carrière. Trent, comme tous les agents de longue date, était bien conscient de ses options de carrière, mais s’il jouait bien ses cartes, il pourrait à son tour devenir un chef de division. Il pourrait ainsi essayer de remettre l’agence sur la bonne voie, ou tout au moins sa division.

«Avant de retourner sur le terrain, il y a un séminaire auquel tu dois participer demain, salle 406.»

Trent acquiesça d’un hochement de tête.

Trent était tenu d’assister à ces séminaires organisés par le SPLC (Southern Property Law Center) au moins une fois tous les trois mois. Le SPLC avait largement fait son argent dans les années 1990 par le dépôt de poursuites judiciaires au civil contre divers groupes, puis en saisissant leurs biens quand ils avaient gagné. Les tribunaux civils n’ont pas besoin du même fardeau de preuves que les tribunaux de juridiction criminelle. Ils étaient en particulier adaptés à mettre sur pieds des procès-spectacles avec l’aide des médias. Cependant, comme avec toutes les choses qu’ils ont exécutées, ils ont asséché le puits des litiges civils et sont maintenant financés directement par le gouvernement sous la forme d’une formation antiterroriste.

Le problème avec leur définition du terrorisme est que tout le monde est un terroriste et lorsque tout le monde est un terroriste, personne ne peut voir les véritables terroristes avant qu’ils n’attaquent. Ils utilisent essentiellement leur capacité à fournir de la formation comme un moyen de recevoir un financement, non seulement du gouvernement, mais aussi de divers groupes d’intérêts spéciaux. Ces groupes ont des ennemis et ils savent qu’il est important de stigmatiser certains groupes ennemis comme étant des terroristes. Par exemple, les gens qui refusent les vaccins qui provoquent l’autisme ont été soudainement catalogués comme terroristes, parce que les grandes entreprises pharmaceutiques pouvaient faire un don au SPLC. C’est une arnaque, mais une arnaque qui rapporte. Ils reçoivent des millions en contrats gouvernementaux, de la part de corporations et en donations étrangère.

Le problème avec ce type de conditionnement psychologique est que de nombreux agents y adhérent vraiment, mais le fantasme ne reflète pas la réalité. Ils ont suivi la formation avec sérieux et lorsqu’ils doivent organiser un raid du SWAT contre des gens qui nourrissent des sans-abri beaucoup d’entre eux sont désabusés.

Quand les choses deviennent corrompues à ce point, cela a des conséquences à l’intérieur et à l’extérieur de l’agence. Il commence à y avoir beaucoup de pression de la part de gens ordinaires. Peu de personnes au sein de l’agence sont prêtes à reconnaître que cette pression est réelle. Ils vivent dans une bulle étrange, en vase clos, et le fait de dire quelque chose peut causer la perte de son emploi ou une réaffectation indésirable. Donc, tout le monde se tait.

John Krieger lui avait envoyé un message sur life book pour confirmer que le blot de Sigurd aurait lieu jeudi. Bien sûr, il y participerait. Mais sa journée serait longue. Il devrait attendre la fin du séminaire et se précipiter à l’aéroport pour avoir un avion qui le ramènerait à la maison jeudi pour le blot.

Trent avait une bonne couverture. L’agence lui avait fourni un lot de voiture d’occasion. Il lui avait fallu un mois pour utiliser son magasin de voiture d’occasion comme un moyen d’entrer en contact avec le Markhof Hearth. Trent portait un marteau de Thor en pendentif autour de son cou lorsqu’un membre du Markhof Hearth s’arrêta pour acheter une voiture. Une discussion sur l’Odinisme s’en suivit et il reçut une invitation pour venir assister à un blot. Trent lui avait également fait un bon prix sur la voiture. Il lui importait peu de se faire de l’argent sur la vente des voitures, car il était de toute manière payé par l’agence. Trent n’était pas un homme d’affaires. Il se contentait de pouvoir vivre agréablement. La couverture était bonne également, car s’il était surpris en voiture avec des gens il pouvait toujours prétexter qu’il leur faisait essayer une voiture avant de la leur vendre. Personne dans le magasin de voiture d’occasion ne savait que Trent travaillait pour l’Agence, donc personne ne pouvait faire capoter sa couverture. L’Agence lui avait tout simplement fourni le lot de voiture d’occasion lorsque l’opération avait débuté. Il y avait bien sûr quelques défauts, mais pour l’instant tout marchait bien pour lui. En plus, il avait connu des couvertures bien pires au fil des ans.

Partie 3 – Code 22

Susan Dufrain vérifiait ses messages sur life book alors qu’elle était assise dans la salle des infirmières d’urgence. Elle devait vérifier son horaire de travail pour les jours restants de la semaine avant de confirmer à John Krieger si elle venait au Blot de Sigurd. Susan travaillait souvent en service de nuit, mais John était toujours capable d’arranger les choses afin que ses enfants assistent aux blots si elle ne pouvait pas venir. John était un excellent gardien de hearth. Il était très bien organisé et aimait organiser des évènements et des activités.

Susan travaillait au service des urgences en tant qu’infirmière depuis plusieurs années à présent. C’était un bon travail. Ça la tenait occupée pendant que son mari se battait en Afghanistan.

Son téléphone sonna pour l’avertir qu’elle avait un message. Elle avait quelques chatons sur graigslist et attendait quelqu’un pour les acheter.

«Je suis à la recherche d’un chat, qui une fois grand, mesurera vingt-deux pouces de long?» disait le message.

Son cœur s’arrêta.

C’était un message codé. Personne ne savait, à l’exception des autres personnes de sa cellule, que Susan faisait partie de la résistance.

Il y a deux ans, la sœur de Susan avait été ciblée par l’IRS pour des dépôts bancaires faits pour son magasin de crème glacée. Elle déposait de l’argent chaque jour, moins de 10,000 $. Après avoir possédé le magasin pendant d’innombrables années, le fait d’avoir son compte bancaire saisi la força à stopper l’activité de son entreprise après quelques mois. Elle ne pouvait tout simplement pas fonctionner. Lorsque vous ne pouvez plus faire de paiements, que vous n’avez pas d’employé, que vous ne pouvez plus payer le loyer du magasin, il n’y a pas d’autre choix. Un mois après la fermeture de son magasin, une franchise de crème glacée ouvrait dans son ancien emplacement. Une semaine après, elle rejoignait la résistance.

Susan était une Odiniste qui vivait vraiment selon ses croyances. Les Nobles Vertus et les Charges signifiaient vraiment quelque chose pour elle. La situation était vraiment mauvaise à présent, et si les gens normaux n’avaient pas le courage de se lever et de faire quelque chose, rien ne changerait. En fait, les choses n’iraient que de pire en pire. Pire pour ses enfants et leurs enfants.

La résistance était basée sur cela. Cela n’avait rien à voir avec la politique, la race ou la classe. Vous n’aviez pas besoin d’être riche ou pauvre, blanc ou noir, républicain ou démocrate.

Personne ne savait quand elle avait commencé ni qui la dirigeait. C’était une organisation structurée en cellules clandestines et Susan communiquait avec son supérieur grâce à une boîte aux lettres. De cette manière, si elle était compromise, elle ne pouvait révéler aucun nom, car elle ne connaissait vraiment personne. Pendant sa formation, il lui avait bien été précisé qu’elle devait maintenir un haut niveau de diligence. Le gouvernement maintenait un réseau de «sites noirs» et d’escadrons suicides. Tout ce qu’elle ne savait pas, elle ne pourrait le révéler sous la drogue ou sous les coups. Elle était sûre qu’elle révèlerait tout ce qu’elle savait.

Susan avait été entraînée durant une période de deux mois et n’avait qu’une seule autre personne dans sa cellule – Kathy. Celle-ci travaillait également aux urgences.

La résistance ne leur demandait jamais grand chose. Elles étaient invitées à fournir des fournitures médicales à l’occasion et à déposer des rapports sur différents individus sur qui la résistance leur avait demandé d’enquêter. Susan avait un appartement aménagé dans le sous-sol de sa maison avant de rejoindre la résistance. Ils l’avaient payé pour qu’elle ne le loue pas afin qu’il soit disponible en tant que maison sûre. Elle avait transformé l’appartement de deux chambres à coucher en un centre médical. Il était complet avec ce qu’elle avait pu prélever au travail. Elle avait fait de son mieux pour essayer de tout camoufler. Il était important que si quelqu’un de la compagnie de gaz ou quelqu’un de la ville regarde à l’intérieur de l’appartement, il apparaisse comme l’appartement d’une personne normale.

Elle avait dit à ses enfants qu’elle l’avait loué à un gars qui travaillait sur une plateforme pétrolière et qu’il n’était pas souvent à la maison. Les enfants étaient contents, car parfois les personnes qui avaient loué l’appartement se plaignaient du bruit qu’ils faisaient.

Susan était plongée dans ses pensées lorsque les portes de la salle des urgences s’ouvrirent. Apparemment, une camionnette blanche avait abandonné un homme inconnu devant l’hôpital puis avait filé. Il n’y avait pas de temps pour la réflexion, Susan devait agir.

Ce type était dans un triste état. On lui avait tiré dans la jambe et dans l’épaule. Il avait perdu beaucoup de sang. Il avait besoin d’être opéré immédiatement s’il voulait survivre.

«Est-ce que quelqu’un a averti le département du shérif de l’arrivée de cet inconnu?» demanda le docteur qui était en train d’évaluer les blessures de l’inconnu.

«Je vais le faire.» Répondit Susan.

Susan commença à vérifier la réactivité du patient. Elle se pencha et lui murmura à l’oreille:

«John a une longue moustache»

Il marmonna la réponse.

«22»

«Que dit-il?» Demanda le médecin en se retournant vers Susan.

«Je ne suis pas sûre, je n’ai pas compris.»

Susan commença à prendre des notes sur le tableau des patients. Elle tenta rapidement de formuler un plan. Susan avait la tête sur les épaules et c’était une situation qui appelait une action rapide. Non seulement elle n’informerait pas le département du shérif de ce qui était arrivé, mais elle devait faire en sorte de sortir ce gars d’ici et de supprimer la fiche de son séjour des fichiers de l’hôpital. Susan travaillait à l’hôpital depuis longtemps. Elle avait travaillé dans presque tous les services et connaissait la plupart du personnel. La seule chose qui la préoccupait vraiment était la suppression des images des caméras qui avaient filmé l’arrivée de ce type, et son passage dans la salle d’urgence. Susan allait demander à Kathy de distraire la sécurité de façon à ce qu’elle puisse avoir accès à la vidéo de la caméra de sécurité sur l’ordinateur et la supprimer.

Avant de faire quoi que soit de concret il fallait qu’elle s’assure que ce type vive assez longtemps pour qu’elle puisse le sortir de là.

La dernière chose qui lui vint à l’esprit fut d’avertir John Krieger qu’elle ne pourrait pas venir au blot de jeudi et que ce serait sympathique si quelqu’un pouvait venir chercher ses enfants pour les emmener au blot. Ainsi, elle pourrait amener cet inconnu dans son appartement transformé en centre médical pendant que ses enfants étaient au hof.

Partie 4 — Trouble de stress post-traumatique

Tony Schmitt tripotait autour de son lit pour éteindre son réveil.

Il était en sueur et les draps en étaient couverts. Il était un vétéran de la guerre en Afghanistan et faisait fréquemment des cauchemars. Comme beaucoup de gars qui reviennent d’Afghanistan, il se sentait comme s’il avait vécu dans le brouillard de la guerre quand il était là-bas et maintenant il était dans le brouillard à la maison. Le brouillard était tous les médicaments qu’ils vous donnaient pour faire face aux effets de la guerre. Tony n’aimait pas vraiment ces médicaments, ou les médicaments en général et après avoir passé un mois à baver sur son canapé il avait décidé de ne plus les prendre.

Tony avait été exposé à l’Odinisme pour la première fois lorsqu’il travaillait avec une compagnie de Norvégiens. Il était devenu ami avec Bjarn. Tony l’aimait bien, mais il ne savait pas trop quoi faire de la religion de Bjarn. Avant de rejoindre l’armée, il ne croyait pas vraiment en quoi que ce soit. Il jouait à des jeux vidéo, regardait des matchs de football et buvait de la bière. Tout comme beaucoup de gars de son âge, il avait rejoint l’armée après le 11 septembre. Il voulait attraper ou tuer Ousama Ben Ladin.

Quand il est partit en Afghanistan pour son premier tour de service, il réalisa rapidement que le peuple afghan était essentiellement contre eux. Ce n’était pas une guerre qui pourrait être gagnée, mais il en était venu à aimer l’aventure qu’elle lui offrait. Bjarn semblait également aimer l’aventure. Ce lien commun était suffisant pour commencer une amitié.

Ils étaient en patrouille quand cela arriva. C’était une bombe activée par un ouvre-porte de garage. Lorsque vous quittiez la Base Opérationnelle Avancée où ils étaient stationnés, il y avait un grand panneau qui disait — la suffisance tue. C’est la suffisance qui avait tué Bjarn. Lorsque Tony le tira hors de l’épave de leur véhicule, ses jambes ressemblaient à de la bouillie. Tony gardait deux garrots dans son sac médical et bien qu’il ne soit pas le meilleur médecin, il dut les sortir et les mettre en place sur les moignons de Bjarn pour lui permettre de vivre. Avec le peu de force qui lui restait, Bjarn enleva le marteau de Thor de son coup et le donna à Tony.

“Je te reverrai au Walhalla”, lui dit-il dans son mauvais anglais.

Tony ne pouvait le croire. Son pote était mort devant lui dans une marre de sang et d’urine.

Quelques gars de l’unité de Bjarn étaient également Odinistes et ils demandèrent à Tony s’il voulait assister au Bael de Bjarn.

“Je serai honoré”, répondit-il.

Lorsqu’il termina son tour de service, il passa quelque temps à boire et à se battre. L’armée était un environnement très structuré et les gens avaient souvent de la peine lorsqu’ils rentraient à la maison, lorsque la maison était essentiellement sans structure et ennuyeuse.

Tony était tombé sur quelques postes que John Krieger avait laissés sur life book. John et lui vivaient dans la même ville. Tony lui avait demandé s’il avait le temps pour un café ou une bière et pour parler un peu d’Odinisme.

John aimait parler aux gens, mais il aimait encore plus organiser des activités. Il devait faire un ramassage de déchets dans un par ce weekend-là et il pensa qu’il serait mieux si Tony pouvait venir et aider. Il pourrait ainsi rencontrer quelques personnes et voir s’il avait des choses en commun avec le groupe et si le groupe avait des choses en commun avec lui.

Un hearth est un groupe exclusif. C’est une communauté volontaire de personnes se ressemblant. D’une certaine manière, soit les gens s’intègrent, soit ils vont se faire foutre. Ce n’est pas un endroit peuplé d’arc-en-ciel et de petits poneys. Tony s’entendait bien avec les gars et les filles, plus particulièrement avec les gars qui, comme lui, étaient des vétérans.

Une semaine plus tard il vint à la librairie pour assister au blot des Einherjar. Celui-ci eut un effet profond sur Tony. Il réalisait à présent pourquoi Bjarn était un Odiniste.

Le jour suivant le blot, il s’arrêta pour voir Gary Burger et il rejoignit la Guilde du Fyrd. Gary lui a dit que le fait de trouver un débouché pour son esprit guerrier pourrait peut-être l’aider avec ses problèmes. Beaucoup de gars qui avaient subi les effets néfastes de la guerre avaient une vision d’eux même qui ne pouvait être surmontée qu’avec de la patience et de la camaraderie. Cela ne disparaissait jamais entièrement, mais avec du temps cela deviendrait gérable.

Tony prenait le serment sérieusement et il s’était senti honoré quand il avait été initié dans la Guilde du Fyrd, mais il se sentait un peu ridicule en regardant son épée de bois. À présent, c’était à lui de prouver son mérite et de devenir un membre à part entière. L’initiation marquait une transition positive. Les jeunes et les moins jeunes utilisaient le même gymnase et tout le monde devait se donner à 100 %. Tony aimait ça. Les membres à part entière étaient durs et ils avaient gagné leur adhésion en démontrant leurs compétences, il n’y avait pas de favoritisme. Tony appréciait grandement cela, parce que quand Tony avait obtenu son épée d’acier, cela avait vraiment signifié quelque chose pour lui. Cela lui rappelait la camaraderie de l’armée, mais à un niveau plus petit et avec des gens avec qui il avait plus en commun. L’armée avait été un job, et comme dans la plupart des jobs, plus personne ne s’occupe de vous une fois que vous l’avez quitté.

“Salut, Tonja, tu es là de bonne heure toi aussi.” Dit Tony à Tonja James alors qu’il entrait dans le gymnase du fyrd.

Tonja James était une jeune femme qui était devenue une Odiniste en prison. Elle avait tiré quatre ans pour possession de metamphétamine. Ce fut une période assez sombre de sa vie et elle avait la chance d’avoir rencontré un groupe de jeunes filles en prison qui lui avait présenté un style de vie différent et les choix qui allaient de pair. L’un des grands problèmes de la toxicomanie n’est pas seulement la dépendance chimique elle-même, mais les amis que vous vous faites et les conneries que vous faites lorsque vous êtes chargés. Souvent, lorsque les gens arrêtent la drogue, ils arrêtent également d’avoir des amis. Markhof Hearth était son réseau de soutien et la librairie était un endroit où elle pouvait aller quand elle ne savait pas quoi faire.

Grimnir venait une fois par mois à la prison pour célébrer un blot avec les Odinistes présents. Certaines femmes ne sortiraient jamais et d’autres, comme elle, purgeaient de courtes peines. C’était une connexion solide avec le monde extérieur. La prison tendait à être une sorte de bulle qui pouvait facilement piéger une personne. Le terme est institutionnalisé. Il n’y avait rien de pire pour Tonja que d’être assise dans un appartement vide, et de ne rien faire, de ne rien entendre et de ne rien dire.

Tonja avait deux ans de libération conditionnelle devant elle, il était donc important qu’elle reste sur le droit chemin. Quand elle avait obtenu sa libération conditionnelle, elle avait souvent pensé à déménager à la campagne pour travailler à la ferme de Stone Hearth. C’était une fille de la ville, mais alors qu’elle était en prison, elle avait de grands projets. Beaucoup de gens, qui passent du temps enfermés dans un espace confiné, avec beaucoup de temps pour penser, font cela. Souvent, l’inconvénient est que le fantasme peut être une fenêtre sur notre âme, mais il n’est pas une fenêtre sur la réalité. Il était difficile pour elle de ne pas voir les projets se concrétiser instantanément. L’Odinisme n’est pas une religion de la gratification instantanée, il faut traiter avec les épreuves et les tribulations de la vie comme elles sont. Le problème fondamental avec la dureté de la réalité est qu’elle peut être un lieu de grand succès et/ou d’échec. Il est facile d’échapper à la réalité en se droguant ou en étant dans une institution. Tonja faisait chaque jour tout ce qu’elle pouvait pour combattre cela. Pour rester fermement ancrée dans la réalité et pour avancer.

“Tu viens au blot de Sigurd?” demanda Tony à Tonja.
“Bien sûr.” Et toi?

Tony hocha la tête.

 

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Category: POESIE ET LITTERATURE

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