Etre un Thrall

| October 22, 2015 | 0 Comments

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Par Rigsulf AOR

Beaucoup d’entre nous ont lu le Rígsthula et sont familiers du concept des castes/classes propre à notre Folk. Il y est narré la venue du Dieu Heimdall, où Odin en personne selon certains, auprès des tribus indo-européennes afin d’établir parmi elle les diverses castes que sont les Thralls, les Karls et les Jarls, suivi plus tard des Kons.
Mais peu sont initiés aux significations profondes de ce récit qu’est le Rígsthula, des processus spirituels qu’il contient et préserve.
Certains affirment catégoriquement que la mythologie doit être prise au sens littéral du terme, alors que d’autres, comme moi, pensent que nos ancêtres étaient bien plus ingénieux que beaucoup le pensent, et que la mythologie renferme un savoir primordial, transmet des réflexions qui touchent aux plus grandes vérités, évoque un chemin spirituel autrefois connu, aujourd’hui oublié.
Pour une bonne mise en perspective du Rígsthula, je vous invite à vous référer à l’article « Création » de Raudskeggr AOR, paru dans l’ORB 200, printemps 2006. Cette analyse est une des meilleures écrite dans un langage intelligible.

Pour résumer, le Rígsthula nous expose le fondement des trois classes de l’humanité et de la naissance d’un peuple.
« Rig arpentait le monde. Il arriva à une maison dont la porte était fermée, avec un couple banal dedans. Le couple avait un peu de nourriture et de maigres possessions. Rig engendra un fils, Thrall, avec la femme, puis repris sa route. Thrall resta banal et engendra une caste d’humanité qui fut celle des serviteurs et des fournisseurs. »
Ceci est le premier palier d’une échelle spirituelle, qui nécessite plusieurs vies d’homme pour être escaladée. Chaque individu débute à un certain échelon. Dans le cadre de ma démonstration, la suite de cet article s’adressera aux Thralls de notre Folk.

Le Rígsthula est révélateur de ce chemin d’évolution spirituelle, et il est une clé dans l’expression de notre potentiel intérieur, dont Odin nous a doté quand il a sorti Askr et Embla du stade végétatif. Ces clés sont visibles dans la description des maisons et de leur porte, des habitants qui les habitent, des noms de leurs enfants et de leurs activités respectives. Ces castes sont les composantes d’un ensemble plus grand, d’une société dans laquelle chaque caste à des responsabilités et des obligations vis-à-vis de celle d’en dessous comme celle d’en dessus. C’est ce qui a fait de l’Europe une société organique, chaque caste a sa place, ses devoirs et ses activités, afin de s’incorporer à l’ensemble. Nous devons aussi nous souvenir que ces castes n’étaient pas seulement accessibles par l’hérédité, comme c’est le cas aujourd’hui. La sélection était basée sur les qualités et le caractère de l’individu, leur développement au fil du temps, l’usage qui en été fait. Toujours dans l’optique que chaque personne (homme et femme), au fil de son développement spirituel, de son évolution personnelle, est amenée à s’améliorer et donc à s’élever au sein du système des castes.

Tout le monde est au courant des manipulations perpétrées à l’encontre de notre Tradition ancestrale. L’influence du Christianisme nous a laissé une version rudimentaire de ce qu’a été notre Foi Sacrée, et beaucoup de personnes, aux intentions troubles, ont répondu aux informations manquantes par l’intégration d’éléments étrangers, aux effets chaotiques sur notre âme, car importés du désert. Mais beaucoup de chercheurs des sciences religieuses ont reconnu qu’il existe encore, en remontant à l’ancienne période indo-européenne/védique, de vieilles et authentiques racines de notre Paganisme Sacré. Avec son livre « Teutonic Mythology: Gods and Goddesses from the Northland », Viktor Rydberg est un auteur, parmi tant d’autres, qui a trouvé dans le Rig Veda, le Yajur Veda et autres textes liés, le corps et le sang de notre Foi Sacrée, qui meublent l’ossature que nous avons hérité de nos Ancêtres.

Un regard s’impose sur l’un de ces textes mettant en lumière l’ancien système des castes mis en place par nos ancêtres indo-européens :
« L’organisation de la vie dans le corps d’un homme peut être comparée à un royaume. Il est servi et protégé par les actions collectives de la tête, de la peau, des mains et des pieds. Les pieds pourvoient aux tâches et services basiques par le support et la locomotion du corps. La peau véhicule toutes les informations sur les échanges avec l’extérieur et incarne un champ sans cesse labouré et ensemencé par les expériences avec le monde matériel. Les mains agissent comme un bouclier protégeant le corps des nuisances, et le gouvernent en pourvoyant à ses besoins, sa défense et son bien-être. La tête, avec ses facultés mentales, apporte les connaissances intellectuelles, spirituelles et morales nécessaires au maintien harmonieux d’un grand royaume composé de milliards de cellules et d’innombrables sensations, perceptions et activités. L’Homme imite instinctivement l’archétype du royaume organique quand il structure sa société. Chaque nation a ses savants et ses prêtres, dit les Brahmanes, ses guerriers et chefs, les Kshatriyas, ses marchands, les Vaishyas et ses travailleurs, les Shudras »
Bhagavad Gîtâ, chapitre 11 versets 31. Commentaire de Paramahansa Yogananda.

Les commentaires du livre mentionné ci-dessus sont de vraies mines d’informations. L’un d’entre eux se doit d’être souligné « Les 4 classes de l’humanité sont décrit allégoriquement dans les Vedas comme étant issus du corps de Purusha, l’être suprême. De sa bouche naquit le Brahmane, de ses bras le Rajanya (les chefs et les guerriers), de ses deux cuisses le Vaishya et de ses pieds le Shudra ». Ces anciennes castes des textes Védiques sont équivalentes aux castes européennes, comme suit :
La caste des Shudras correspond à celle des Thralls, celle des Vaishya serait celle des Karls, celle des Rajanyas/Kshatriyas à celle des Jarls et celle des Brahmanes serait celle des Kons. Afin de poursuivre mon raisonnement, je voudrais mettre en lumière la caste des Shudras, nos Thralls européens.

J’ai été de ceux qui assimilaient la caste des Thralls à celle des esclaves, le fond du fond, soumis aux autres castes. Une notion de honte était alors inévitablement associée aux Thralls. C’est pourquoi je pense que cette analyse est erronée, et lourde de conséquences dans l’interprétation du rôle des Thralls au sein de notre Folk. Pour en revenir aux Eddas, je vous invite à relire la chanson d’Harbarth, où Odin, déguisé en batelier, nargue son fils Thor depuis le milieu de la rivière. Notamment le vers 26, où Odin énonce que les nobles lui reviennent, les Thralls vont à Thor. Cela mérite que l’on s’attarde sur Thor, le Dieu du commun des mortels.

Il a été écrit à de nombreuses reprises que le Dieu le plus populaire d’Europe fut Thor, le Dieu de l’homme du commun, du paysan, du fermier, mais aussi du guerrier (Fyrd) et du soldat. C’est vers Thor que l’on se tournait pour la protection, les consécrations, les bénédictions mais aussi la fertilité. Thor est le fils d’Odin, Père de toute chose, et tout les Dieux requièrent son assistance pour la défense d’Asgard, des Dieux et des Hommes, dans les temps de détresse. Thor est renommé pour ses affrontements avec les géants et son tempérament fougueux. Il est décrit comme aimant les plaisirs simples de la vie : bien boire et bien manger, entouré de belles jeunes femmes, avec de bonnes bagarres en prime. Il est dévoué, avec un sens aigu de la justice, mais aussi prompt à la colère, sujet aux aléas de l’émotion et de l’action, s’opposant souvent avec violence aux choses. Avec cela en tête, on comprend facilement pourquoi la majorité du Folk européen se reconnait dans la figure du Dieu à la barbe rousse, de nature si semblable. Son compagnon de route habituel est le Dieu Loki, le Dieu de l’illusion, lui-même un géant, et qui aime à se jouer de lui.

En quoi les Thralls sont-ils liés à Thor ? Surement par les caractéristiques qu’ils partagent. Les Thralls sont au début d’un cycle d’évolution, et occupent les fonctions les plus concrètes au sein du système des castes. Rappelons-nous des informations que délivrent les Vedas sur le système des castes. Les Thralls/Shudras sont les pieds d’un corps, allégorie de l’ensemble du Folk, ils pourvoient à ses besoins primaires, le servent, le supportent et le meuvent. Le système des castes est une structure organique et spirituelle qui permet une évolution de la conscience au travers de l’expérience engrangée lors de vies successives. Si l’on prend comme étalon le développement personnel (Odr), alors les Thralls sont considérés comme profanes et assez sensibles aux distractions et petits tracas de la vie quotidienne. Dans la mythologie, on voit Thor aisément soumis aux aléas des sens, des émotions et de la violence, et perpétuellement dupé par le Dieu de l’illusion, Loki ; tout comme les Thralls. Ce qui n’est pas toujours une chose négative, si l’on considère que se sont les Thralls qui constitue le gros des troupes combattantes au service de la Foi et du Folk.

Tout le monde débute en tant que Thrall, et quand l’un d’entre eux a développé au travers de son vécu les qualités et le comportement adéquats, le Moi commence à démontrer les qualités d’un Karl/Vaishyas, cherchant à avancer par et pour lui-même, tout en jouant un rôle plus considérable au sein du Folk. Ce développement est basé sur les pensées, actes et objectifs positifs accumulés au travers des événements multiples et variés que tout à chacun doit traverser. C’est pour cela que je pense que notre voie est basée sur l’action et nos réactions face aux situations affrontées. Dans la mythologie, Thor est perpétuellement amené à surmonter des crises, devant pour cela parfois surpasser ses limites, afin de pouvoir faire ce qui doit être fait, pour le bien-commun.

Le meilleur compagnon de Thor est le malicieux Dieu de l’illusion, pourtant à l’origine de la plupart des problèmes rencontrés par l’Ase. C’est l’illusion qui contribue à bloquer notre progression dans la vie, en nous cantonnant dans nos limites et leur confort, par le biais du matérialisme, de l’addiction et de toute autre forme de dépendance.

Un bref regard sur Loki, un Dieu, un magicien et un illusionniste, qui est réputé pour mettre régulièrement les Ases et autres Dieux en difficulté. C’est un géant (Jotun) pur race, qui a été introduit parmi les Ases de par son lien avec Odin. La nature matérielle des géants en appelle aux perceptions les plus primitives, alors que les qualités supérieures des Dieux viennent de l’esprit. A la base, les Thralls/Shudras sont de nature terrestre, une fondation solide, alors que leur vision limitée se focalise sur ce qui les précède. J’assimile cet état à l’influence de Loki, bien qu’il ne soit pas si néfaste et définitif qu’il n’y paraît. En effet, tout cela ne repose que sur une illusion de confort, de dépendance et une absence de volonté à surmonter les défis qui s’offrent à nous. En Sanskrit, le terme « Maya » signifie illusion et il est associé aux plus basses manifestations matérielles de l’Univers. Les sens, et toutes autres choses de nature matérielle ou recourant à la matière, sont rattachés à cette illusion, car relevant de notre monde et de sa temporalité. Alors que les affaires relevant des mondes supérieurs sont de natures spirituelles, et externes au nôtre. Les Thralls relèvent de ce monde matériel, interagissent avec lui en vue de leur nature, jusqu’à ce qu’ils évoluent spirituellement et s’orientent vers les aspects les plus mystiques de l’existence.

Les géants sont relatés comme des entités titanesques, des éléments chaotiques qui sèment la panique parmi les Dieux et les hommes. C’est toujours Thor qui combat pour les défaire et les maintenir à leur place. Mais Thor a du sang de géant, et « Les masques d’Odin » postulent que son combat face à eux lui permet aussi de lutter contre cette facette de lui-même.

La mauvaise interprétation du rôle des Thralls au sein de notre folk est dû, à mon avis, à l’héritage du Moyen-âge et du féodalisme chrétien, de la norme qu’était les rapports de vassalité et de servitude. Nous en est resté l’image de petits serfs et d’esclaves sans terre, avec peu d’espoir et de chance de survie. Cette représentation incarna une certaine réalité plus tardivement, quand le système des castes fut détourné de son fonctionnement originel, que les qualités innées de l’individu et leur expression dans l’action ne furent plus un critère de sélection. Par le biais de l’ignorance et de la vanité, les fonctions liées à la caste devinrent héréditaires. Nombres d’enfants illégitimes de Jarls et de Kons réclamèrent un statut de par leur seule naissance, sans la stature intellectuelle et spirituelle nécessaire, en rajoutant ainsi à la confusion ambiante.

Je veux maintenant en venir à cette question : les Thralls sont-ils à proprement parler des esclaves, Thor serait-il le Dieu des esclaves ? Je n’approuve pas le lien entre esclaves et Thralls, alors que ces derniers ont un rôle fondamental et honorable, aux-même titres que les autres castes de notre Folk. Ils ne sont plus au bas de l’échelle si l’on considère les hors-la-loi (intouchables), ceux qui ont été banni de notre société et de ses castes. Une autre chose à considérer est que cette information nous est parvenue par le biais du Langage Sacré. Nos ancêtres se considéraient comme un peuple divin, descendant des Dieux. Les termes utilisés dans la Voluspa pour nous définir sont « Helgar Kindir » (Race sacrée) et « Mogu Heimdallr » (les fils d’Heimdall). Ces deux termes parlaient à nos ancêtres de toutes les castes, Thralls y compris. Au sein de notre assemblée païenne contemporaine, il est important que nous reconnaissions cette caste pour ce qu’elle est vraiment : la fondation sur laquelle repose toute notre communauté. En l’absence de fondations solides, l’ouvrage entier s’effondre

En l’honneur de Thor sur son Haut Siège. Hail à Oku Thor et à ceux qui sont dignes d’être des Thralls. Hail à nos Thralls et à l’aube nouvelle qui se lève.

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Category: OR ET ODINISME

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